Le gouvernement sénégalais a annoncé un plan ambitieux visant à réformer le secteur minier d’ici 2026, avec l’adoption d’un nouveau code et la mise en place d’une stratégie de transformation locale des phosphates. L’objectif affiché est de porter les recettes minières à 600 milliards de FCFA d’ici 2029, tout en augmentant la valeur ajoutée et le taux de transformation sur le territoire.
Adoption du nouveau code minier d’ici 2026
Le Premier ministre Mouhamadou Al Amine Lo a indiqué que le texte législatif sera finalisé avant la fin de l’année 2026. Cette réforme s’accompagne d’un audit complet des titres miniers, de la création d’un cadastre national et d’un fonds dédié à la réhabilitation des sites et carrières. Un fonds d’appui au développement local sera également mis en place pour financer les projets communautaires liés à l’exploitation minière.
Objectifs financiers et de transformation locale pour 2029
Le gouvernement projette d’atteindre environ 600 milliards de FCFA de recettes minières annuelles en 2029, contre 370 milliards en 2019. La valeur ajoutée du secteur devrait passer de 1 969 milliards à 3 606 milliards de FCFA, avec un taux de transformation locale fixé à 50 %. Cette ambition repose sur le traitement accru du fer, des phosphates et de l’or sur le sol sénégalais, afin de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Renégociation des contrats et cadre de partenariat public‑privé
Une commission ad‑hoc, créée en juillet 2024, examine une trentaine de conventions minières en cours de renégociation. Les autorités insistent sur la préservation de la sécurité juridique pour les investisseurs tout en garantissant l’intérêt national. Les futurs partenariats public‑privé seront évalués selon la « vérité des coûts et des risques », avec une attention particulière aux engagements budgétaires à long terme.
Stratégie phosphates : d’une exportation brute à la production d’engrais
Le secteur des phosphates, actuellement exporté sous forme brute, bénéficiera d’une stratégie nationale visant à développer une filière locale d’engrais. Un pôle industriel couvrant le Nord‑Est et la zone Diourbel‑Louga sera dédié à la transformation des phosphates. À Matam, un projet industriel intégrant un centre de recherche et une université a été présenté comme pilier de cette ambition, soutenu par le Forum intergouvernemental sur l’exploitation minière. La transformation locale devrait ainsi répondre aux besoins agricoles du pays tout en créant de la valeur ajoutée.