Alors que le Sénégal a franchi une étape législative majeure le 25 juin 2026 en adoptant le projet de loi autorisant la ratification de l'accord BBNJ, le processus administratif final reste en suspens. Cette situation suscite des interrogations au sein des instances parlementaires, qui appellent désormais l'exécutif à concrétiser cet engagement international visant à protéger la biodiversité marine en haute mer.
Un verrou législatif levé par le Parlement
Le 25 juin 2026, le Parlement sénégalais a adopté le projet de loi n°07/2026, ouvrant la voie à la ratification de l'accord sur la biodiversité dans les zones situées au-delà des juridictions nationales (BBNJ). Portée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette initiative positionne le Sénégal comme un État pionnier sur le continent africain concernant ce traité entré en vigueur en janvier 2026. Toutefois, le dépôt officiel de l'instrument de ratification auprès des instances internationales se fait toujours attendre, transformant ce qui était perçu comme une formalité en un point de vigilance pour les acteurs de l'environnement.
Des enjeux de souveraineté et de connaissance scientifique
L'accord BBNJ ne se limite pas à une simple déclaration d'intention ; il encadre des domaines stratégiques tels que l'accès aux ressources génétiques marines, la création d'aires protégées et le transfert de technologies. Lors d'un atelier national tenu le 16 septembre 2026, Samba Dang, président du Réseau des parlementaires pour la protection de l'environnement au Sénégal (Repes), a souligné l'urgence de passer à l'étape opérationnelle. L'enjeu est de taille : il s'agit pour le pays de garantir la traçabilité des ressources marines et de renforcer ses capacités scientifiques pour ne plus être un simple observateur, mais un acteur producteur de connaissances sur l'océan.
Vers une mobilisation nationale multisectorielle
La mise en œuvre effective de cet accord nécessite une synergie entre les administrations publiques, le secteur privé, le monde académique et la société civile. Le capitaine Jean Valentin Samadi, représentant la Direction des aires marines communautaires protégées, a insisté sur la nécessité d'une stratégie nationale inclusive. Outre les adaptations normatives, le pays doit se préparer à des défis techniques concrets, incluant la formation spécialisée des marins et la mise en place d'évaluations d'impact environnemental rigoureuses. La transparence sur l'état d'avancement du dossier auprès de la population demeure, selon les parlementaires, une condition essentielle pour assurer la réussite de cette transition environnementale.