L'agence de notation Standard & Poor’s a abaissé les notes de la dette souveraine du Sénégal, plaçant le pays à deux crans seulement du défaut de paiement. Cette décision, assortie d'une perspective négative, souligne les fragilités structurelles des finances publiques sénégalaises malgré la conclusion récente d'un nouvel accord avec le Fonds monétaire international.
Une dégradation liée au plan de restructuration
La décision de S&P fait suite à l'annonce par le gouvernement sénégalais d'un Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Pour l'agence de notation, ce dispositif s'apparente à une opération de restructuration de la dette, ce qui a conduit à abaisser la note en devises étrangères à « CC » et celle en monnaie locale à « CCC ». Cette notation reflète l'inquiétude des marchés face à un endettement public ayant atteint 132 % du PIB à la fin de l'année 2024, un chiffre révisé à la hausse après l'audit des comptes publics mené par les nouvelles autorités.
Le défi du refinancement et la dépendance au FMI
Le Sénégal fait face à des besoins de refinancement massifs, estimés entre 25 % et 29 % du PIB annuellement pour les trois prochaines années. Cette situation est exacerbée par une forte dépendance aux emprunts domestiques à court terme. Pour stabiliser sa trajectoire financière, Dakar a sécurisé un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois avec le FMI, visant à remplacer le précédent accord suspendu suite à la découverte d'écarts budgétaires significatifs.
Les limites du cadre de négociation actuel
Si le gouvernement a engagé des discussions via le Cadre commun du G20 pour renégocier ses conditions de remboursement, une part substantielle de son passif échappe à ce mécanisme. La dette libellée en francs CFA, qui constitue environ un tiers de l'endettement total, n'est pas couverte par le dispositif du G20. S&P prévient que la capacité du pays à honorer ses engagements dépendra étroitement de la réussite de son plan de traitement de la dette et de la capacité de l'État à réduire durablement ses besoins de financement, tout en surveillant les risques d'une extension de la restructuration à la dette locale.