Le Sénégal fait face à une nouvelle mise en cause internationale concernant la gestion de ses finances publiques. Le Département d’État américain a récemment classé le pays parmi ceux ne répondant pas aux exigences minimales de transparence budgétaire, pointant du doigt des lacunes dans l'accès aux documents financiers et la gestion des ressources naturelles.
Un déficit de transparence pointé du doigt
L'évaluation américaine souligne des faiblesses structurelles, notamment sur l'exhaustivité et la fiabilité des documents budgétaires, ainsi que sur le manque de clarté entourant les procédures d'octroi de contrats et de licences pour l'exploitation des ressources naturelles. Babacar Ba, président de l'ONG Forum du justiciable, estime que ce constat n'est pas surprenant. Il pointe un retard chronique dans la publication des rapports de la Cour des comptes et de l'Inspection générale d'État, entravant ainsi le suivi rigoureux des données financières nationales.
L'épreuve des fonds politiques et des revenus pétroliers
La question de la traçabilité des fonds politiques est au cœur des préoccupations, alors que ces dépenses ont connu une inflation historique, passant de 650 millions de FCFA sous Abdou Diouf à des montants dépassant les 100 milliards sur certaines périodes sous l'ère Wade. Au-delà des fonds politiques, la gestion des revenus pétroliers suscite également des interrogations. Babacar Ba souligne l'absence de déclarations officielles sur la part de production revenant à l'État et s'inquiète de la réelle dotation du Fonds intergénérationnel, censé sécuriser les ressources pour le futur.
La crédibilité de la dette en question
Le débat sur la transparence est exacerbé par les récentes analyses du FMI, qui a évoqué une sous-estimation délibérée du stock de la dette sénégalaise. Bien que la Cour des comptes n'ait pas formellement retenu le terme de « dette cachée », la divergence d'appréciation entre les institutions internationales et nationales souligne l'urgence d'une fiabilisation des données. Face à ce constat récurrent, le président Bassirou Diomaye Faye est directement interpellé sur la nécessité de rompre avec ces pratiques pour restaurer la confiance dans la gestion des deniers publics.