Le Trésor sénégalais a réussi une opération financière significative en mobilisant 101 milliards FCFA sur le marché des titres publics de l'UEMOA, le 11 septembre dernier. Cette émission, la première depuis l'annonce d'un projet de traitement de la dette extérieure du pays, confirme la capacité de Dakar à maintenir son accès aux financements régionaux malgré un contexte macroéconomique complexe.
Une confiance maintenue sur le marché régional
Pour cette adjudication, le Sénégal visait un objectif de 100 milliards FCFA. La demande a répondu présente avec des soumissions atteignant 109 milliards FCFA, permettant au Trésor de retenir 101 milliards FCFA. Contrairement aux craintes d'une hausse brutale des coûts, les rendements ont affiché une stabilité, voire une légère baisse : les obligations à cinq ans ont été émises à un rendement moyen de 7,89 %, contre 8,24 % lors de la précédente opération fin août. Cette résilience s'explique en grande partie par la décision des autorités sénégalaises d'exclure les engagements libellés en francs CFA du périmètre de traitement de la dette envisagé, rassurant ainsi les investisseurs locaux et les banques de la zone.
Le cadre du reprofilage de la dette extérieure
Si le marché régional reste stable, le gouvernement sénégalais poursuit ses démarches sur le plan international. Dans le cadre d'un accord avec le Fonds monétaire international portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars, Dakar a exprimé son intention d'engager un traitement de sa dette extérieure via le cadre commun du G20. Les autorités privilégient la notion de « reprofilage », visant à ajuster les échéances et les taux d'intérêt. En parallèle, le pays continue d'honorer ses engagements, comme en témoigne le transfert des fonds nécessaires au règlement du coupon de son euro-obligation 2048, effectué début septembre.
La vigilance des créanciers internationaux
La situation reste scrutée par les investisseurs internationaux. Un groupe de créanciers, conseillé par le cabinet White & Case, a déjà fait savoir qu'il attendait un traitement « équitable et soutenable » de la dette. L'enjeu pour Dakar est désormais double : réussir à convaincre ses partenaires internationaux de la crédibilité de ses hypothèses économiques tout en préservant la confiance des acteurs financiers de l'UEMOA, essentiels pour assurer la liquidité du Trésor public à court et moyen terme.