Le Sénégal réoriente sa stratégie numérique autour de la souveraineté des données et de l'efficacité opérationnelle

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Le Sénégal réoriente sa stratégie numérique autour de la souveraineté des données et de l'efficacité opérationnelle

Le gouvernement sénégalais a dévoilé une nouvelle approche pragmatique pour son « New Deal » technologique, plaçant le cloud souverain et l'intelligence artificielle au centre de ses priorités. Désormais, l'exécution des projets numériques sera strictement conditionnée à la solidité de leurs études préalables, à la sécurisation de leurs financements et à la démonstration d'un impact mesurable pour les citoyens.

La souveraineté numérique comme impératif sécuritaire

L'ambition du gouvernement est de rapatrier l'hébergement des données sensibles de l'État sur le territoire national. Cette stratégie de cloud souverain vise à garantir la protection des infrastructures critiques, la sécurité des identités numériques et une meilleure résilience des réseaux face aux cybermenaces et aux aléas techniques. La réussite de ce chantier sera évaluée selon des indicateurs précis : l'interopérabilité des systèmes, la réduction des coûts opérationnels et, surtout, la maîtrise effective des infrastructures par les acteurs nationaux.

L'intégration sectorielle de l'intelligence artificielle

L'intelligence artificielle est appelée à devenir un levier transversal des politiques publiques sénégalaises. Bien qu'aucun calendrier précis n'ait été communiqué, le gouvernement cible des domaines prioritaires pour son déploiement. Dans le secteur de la santé, l'IA doit permettre d'étendre la télémédecine à l'ensemble du territoire, tandis que dans l'éducation, elle accompagnera le programme de construction de 15 000 salles de classe connectées. Cette transformation numérique s'inscrit dans la continuité des investissements massifs prévus par le plan 2025-2034, doté d'une enveloppe de 1 100 milliards de francs CFA.

Une rigueur budgétaire et opérationnelle accrue

Pour éviter la dispersion des ressources, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a instauré une méthode de sélection drastique. Chaque projet devra transiter par une « banque de projets » et faire l'objet d'une validation technique et financière avant tout lancement. Cette approche marque une rupture avec les annonces volumineuses au profit d'une logique de résultats concrets. En parallèle, le gouvernement prévoit de renforcer ses capacités fiscales par la taxation des services numériques fournis par des entreprises étrangères et la digitalisation des procédures douanières, tout en poursuivant le déploiement de 45 Espaces numériques ouverts sur le territoire.

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