Le gouvernement sénégalais s'apprête à instaurer un cadre réglementaire strict pour le secteur de l'énergie solaire. Ce projet de décret, porté par le ministère de l'Énergie et du Pétrole, vise à professionnaliser les installations photovoltaïques face à la multiplication des acteurs non certifiés sur le territoire national.
Un secteur en quête de normalisation
L'engouement croissant des ménages et des entreprises pour l'énergie solaire, motivé par la recherche d'autonomie énergétique et la réduction des factures, a entraîné une offre d'installation foisonnante. Cependant, cette dynamique s'est développée dans un vide normatif préoccupant. Selon Serigne Fallou Diouf, ingénieur à l'Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), l'absence de certification obligatoire pour les installateurs pose des risques réels en matière de qualité et de sécurité des équipements mis en service.
Vers une structuration des compétences techniques
Si les contours précis du futur texte restent à définir, l'initiative vise à assainir un marché où la disparité des compétences techniques est devenue un enjeu majeur. L'objectif est de garantir la fiabilité des systèmes installés en imposant des standards de qualité. Ce cadre pourrait introduire des exigences de qualification pour les professionnels, des normes techniques strictes, ainsi que des mécanismes de contrôle, répondant ainsi aux attentes des acteurs du secteur qui réclament depuis longtemps une régulation plus lisible.
Le rôle stratégique de l'ANER dans le mix énergétique
Cette démarche s'inscrit dans la stratégie globale du Sénégal visant à diversifier son mix énergétique et à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. En tant qu'organe d'accompagnement de la transition énergétique, l'ANER mise sur le potentiel solaire du pays pour soutenir le développement durable. La mise en place de ce décret constitue une étape clé pour sécuriser les investissements des citoyens et des entreprises, tout en assurant la pérennité des infrastructures solaires déployées à travers le pays. À ce jour, aucun calendrier précis n'a été communiqué concernant l'adoption finale de ce texte législatif.