La communauté de la Fayda Tidjaniya est en deuil suite au décès de Cheikh Mouhamadou Macky Ibrahima Niass, survenu ce lundi 31 août 2026 au Maroc à l'âge de 83 ans. Figure respectée de Médina Baye, il laisse derrière lui un héritage singulier, marqué par une vie dédiée à la transmission du savoir religieux et à l'enseignement public.
Un parcours entre tradition et modernité
Né en 1943, Cheikh Macky Ibrahima Niass était le fils de Cheikh Al-Islam El Hadji Ibrahima Niass, fondateur de la branche sénégalaise de la Fayda Tidjaniya. Son itinéraire intellectuel témoigne d'une volonté de concilier les savoirs. Après une formation coranique initiale et des études en Mauritanie, il a poursuivi son cursus à l'université Al-Azhar au Caire, obtenant son diplôme en 1976. Par la suite, il a intégré l'École normale supérieure du Sénégal, une étape qui lui a permis d'exercer en tant que professeur de langue arabe dans le système éducatif public à Kaolack jusqu'à sa retraite.
Une voix au service de la transmission spirituelle
Au sein de la Hadara, Cheikh Macky Ibrahima Niass était reconnu pour ses prêches et ses causeries, dont l'intonation rappelait celle de son père. Son engagement spirituel se manifestait particulièrement lors des grands rendez-vous de la cité religieuse, notamment le Gamou annuel de Médina Baye. Il y dirigeait traditionnellement la nuit de dévotion dédiée au Prophète, un moment central du calendrier religieux local qui attirait de nombreux fidèles.
Une disparition qui marque la communauté niassène
Le décès de cette figure érudite, survenu après plusieurs mois de soins médicaux au Maroc, intervient seulement une semaine après la célébration du Gamou. Frère cadet de l'actuel khalife général, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, il était considéré comme un pilier de la transmission des enseignements de la Fayda. Sa disparition est perçue comme une perte majeure pour la communauté niassène, tant au Sénégal qu'au sein de la diaspora, où son rôle de pédagogue et de guide spirituel était largement salué.