Le Sénégal a profité de la 76ème session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, tenue à Addis-Abeba, pour exiger une révision des mécanismes de financement de la santé. Face à la contraction de l'aide internationale et au poids de la dette, Dakar propose un modèle axé sur l'investissement public et la mobilisation de ressources innovantes.
Un plaidoyer pour la pérennité budgétaire
Lors du dialogue ministériel de haut niveau organisé fin août 2026, le ministre sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a souligné l'urgence de sécuriser les systèmes de santé africains. Dans un contexte post-pandémique marqué par des contraintes budgétaires sévères, le Sénégal insiste sur la nécessité de réduire la dépendance aux aides extérieures. L'objectif affiché est de garantir une couverture santé universelle (CSU) plus robuste, capable de résister aux chocs économiques qui fragilisent actuellement les budgets nationaux sur le continent.
La stratégie nationale 2025-2034 comme levier
L'engagement du gouvernement sénégalais s'articule autour de la Stratégie nationale de Transformation du Système de Santé 2025-2034. Ce plan ambitieux repose sur une triple approche : une augmentation des investissements publics, une optimisation de l'efficience des dépenses et une collaboration accrue avec le secteur privé. En misant sur ces leviers, le ministère cherche à alléger le poids financier pesant sur les ménages, souvent contraints de supporter des paiements directs élevés lors de leurs parcours de soins.
Le soutien des partenaires financiers
La viabilité de cette transformation sanitaire est également soutenue par des institutions internationales. En mars 2026, la Banque mondiale a validé une enveloppe de 135 millions de dollars dédiée au programme NAATANGUE 2030. Ce financement vise spécifiquement à renforcer la résilience du système de santé sénégalais et à améliorer l'accès aux soins pour les populations. Cette injection de capital constitue un socle important pour la mise en œuvre des réformes structurelles prônées par le Dr Ibrahima Sy, tout en servant de modèle potentiel pour d'autres États membres de l'OMS Afrique confrontés aux mêmes défis de financement.