Le Sénégal a perdu, ce mercredi 9 septembre 2026, l'une des figures montantes de son administration statistique. Momath Cissé, ingénieur statisticien et directeur général adjoint de l'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), s'est éteint à l'Hôpital principal de Dakar, laissant derrière lui un héritage marqué par deux décennies d'engagement technique et politique.
Un parcours d'excellence au service de la donnée publique
Formé à l'École nationale de la statistique et de l'analyse économique (ENSAE) de Dakar, puis à l'Université d'Illinois aux États-Unis, Momath Cissé a bâti une carrière solide au sein de l'ANSD. Avant d'accéder à la direction générale adjointe par décret présidentiel en octobre 2024, il a occupé des fonctions stratégiques, notamment à la tête de la Direction de la coordination statistique, de la méthodologie et de l'innovation. Dans ce rôle, il a œuvré à l'harmonisation du système statistique national, un levier essentiel pour le pilotage des politiques publiques sénégalaises.
Une expertise reconnue sur la scène internationale
Au-delà des frontières nationales, Momath Cissé a représenté le Sénégal dans des instances de recherche et de coopération technique. Son expertise l'a conduit à collaborer avec l'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone (ODSEF) de l'Université Laval, au Québec, sur les questions migratoires. Il est également intervenu lors de rencontres internationales organisées par l'OCDE, où il a apporté sa contribution sur les enjeux liés au climat, confirmant son rôle d'expert dans des domaines transversaux.
L'engagement politique au croisement de la technique
Parallèlement à ses responsabilités administratives, Momath Cissé était un membre actif du parti PASTEF – Les Patriotes, où il siégeait au Bureau politique national. En tant que Secrétaire national adjoint chargé des Technologies de l'information et des Statistiques, il faisait le pont entre son expertise professionnelle et son engagement militant. Cette double casquette faisait de lui un profil singulier au sein de l'appareil d'État, alliant rigueur scientifique et vision politique. Sa disparition, survenue à l'âge de la maturité professionnelle, est perçue comme une perte significative tant pour l'administration publique que pour sa formation politique.