Le Sénégal pleure la disparition du professeur Diamé Signaté, décédé à l'âge de 78 ans. Linguiste de renom, universitaire rigoureux et ancien ministre, il laisse derrière lui un héritage intellectuel marqué par trois décennies d'enseignement à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Un parcours académique entre Dakar et la Sorbonne
Docteur formé à la Sorbonne, où il a soutenu deux thèses, le professeur Signaté a consacré sa vie à la linguistique française des XVIe et XVIIe siècles. De 1981 à 2013, il a été une figure centrale du Département de Lettres modernes de l'UCAD. Ses travaux, publiés notamment aux Presses universitaires de France, témoignent d'une exigence scientifique qui a marqué ses pairs. Au-delà de ses publications, c'est sa constance pédagogique qui est soulignée : même durant ses fonctions ministérielles, il a maintenu ses engagements auprès de ses étudiants, formant ainsi plusieurs générations d'enseignants-chercheurs sénégalais.
L'engagement au service de l'État et de la diplomatie
Le parcours du Pr Signaté ne s'est pas limité aux amphithéâtres. Sous la présidence d'Abdoulaye Wade, il a occupé le poste de ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle entre 2007 et 2008. Son expérience politique, débutée au Parti socialiste puis passée par l'Alliance des forces de progrès avant de rejoindre le Parti démocratique sénégalais, l'a mené à des responsabilités diplomatiques. De 2009 à 2012, il a représenté le Sénégal en tant qu'ambassadeur en Gambie, un rôle stratégique pour la stabilité des relations entre les deux nations voisines.
Une figure intellectuelle ancrée à Tambacounda
Originaire de Tambacounda, le professeur Signaté était une personnalité respectée dans sa région natale. Le président du Conseil départemental, Mamadou Kassé, a rendu hommage à un « digne fils » dont le parcours a servi de modèle. Ses anciens collaborateurs et étudiants retiennent de lui un homme de nuance et de tolérance, capable de concilier une rigueur intellectuelle stricte avec une présence constante sur le terrain politique et académique. Sa disparition est perçue comme une perte significative pour la communauté universitaire sénégalaise et pour le rayonnement intellectuel de sa région d'origine.