Une récente déclaration de l'ancien international sénégalais El Hadji Ousseynou Diouf, plaçant le Sénégal au deuxième rang mondial des pays exportateurs de footballeurs vers l'Europe, ne trouve aucune confirmation dans les données statistiques spécialisées. Si le pays confirme son statut de nation majeure du football africain, les chiffres du Centre international d'étude du sport (CIES) et de la plateforme FBref nuancent considérablement cette position.
Le classement des expatriés selon le CIES
Le CIES Football Observatory, qui analyse les flux migratoires des joueurs ayant grandi dans leur pays d'origine avant de rejoindre un club étranger, classe le Sénégal au 16e rang mondial. Avec 252 joueurs recensés dans 83 compétitions européennes, le Sénégal est devancé par le Nigeria (468 joueurs) et le Ghana (288 joueurs) sur le continent africain. Le Brésil, leader incontesté de ce classement, totalise 812 joueurs, plaçant le Sénégal bien loin des sommets évoqués par l'ancien joueur.
Analyse des cinq championnats majeurs
Une approche différente, basée sur la nationalité sportive au sein des cinq grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, France), offre une perspective plus favorable mais toujours éloignée de la deuxième place mondiale. Selon les données de FBref pour la saison 2026-2027, le Sénégal compte 47 joueurs, se positionnant au 11e rang mondial des nationalités représentées. Dans ce segment spécifique, le pays devance toutefois ses voisins africains comme le Maroc, la Côte d'Ivoire et le Nigeria, et se classe troisième parmi les nations non européennes, derrière le Brésil et l'Argentine.
La complexité des indicateurs de mesure
La divergence entre ces classements s'explique par les méthodologies employées. Le CIES se concentre sur le parcours de formation et la migration géographique, excluant les joueurs binationaux nés et formés en Europe. À l'inverse, les statistiques de nationalité sportive incluent tous les joueurs éligibles pour une sélection nationale, indépendamment de leur lieu de formation. Malgré ces différences d'approche, les deux sources convergent vers une conclusion identique : le Sénégal ne figure pas au deuxième rang mondial des fournisseurs de joueurs pour les championnats européens, une affirmation qui ne repose sur aucun indicateur statistique vérifiable.