Le Sénégal s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) du 31 octobre au 13 novembre, un événement qui dépasse le cadre sportif pour devenir un levier de transformation nationale. À travers un vaste programme de construction et de rénovation, le pays a modernisé ses équipements entre Dakar, Diamniadio et Saly, tout en repensant en profondeur sa mobilité urbaine pour répondre aux besoins des populations sur le long terme.
Un modèle de financement public-privé
La réalisation de ces chantiers d'envergure a nécessité une stratégie financière agile, s'appuyant sur la loi de 2021 relative aux contrats de partenariat public-privé. Cette approche a permis de mobiliser des capitaux privés pour pallier les limites des financements publics, tout en intégrant une expertise technique indispensable à la maintenance des sites aux normes internationales. Ce cadre, conforté par le nouveau code du sport adopté en mai 2026, garantit que l'État conserve son rôle de donneur d'ordre tout en assurant la viabilité économique des infrastructures.
La mobilité durable comme héritage urbain
Au-delà des sites de compétition, le gouvernement a misé sur une refonte des transports, illustrée par le Bus Rapid Transit (BRT). Ce réseau 100% électrique, piloté avec le fonds Meridiam, positionne Dakar comme un modèle d'innovation décarbonée en Afrique. Pour le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), ce projet démontre qu'un saut qualitatif est possible sans reproduire les trajectoires des pays industrialisés. Ces aménagements, complétés par des mesures de régulation du trafic, visent à améliorer durablement le quotidien des Dakarois bien après la clôture des Jeux.
Une stratégie de pérennisation des actifs
L'enjeu majeur pour les autorités sénégalaises réside dans l'utilisation post-olympique de ces équipements. Le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de faire vivre ces sites au-delà de la compétition, en les transformant en pôles de création d'emplois, de formation et d'activités culturelles ou économiques. L'objectif est clair : transformer ce capital foncier en un moteur d'entrepreneuriat local. Des sites comme le stade Léopold Sédar Senghor, dont l'homologation a été accélérée, illustrent cette volonté de maintenir une dynamique d'accueil d'événements internationaux, notamment en vue de la CAN 2027.