Pour répondre à l'impératif de souveraineté alimentaire, le gouvernement sénégalais mise sur le Système de riziculture intensive (SRI) afin d'optimiser la production nationale. Cette méthode technique, intégrée à la stratégie 2025-2034, vise à accroître les rendements tout en rationalisant l'usage des ressources hydriques et des intrants.
Une technique au service de l'efficience agricole
Le Système de riziculture intensive repose sur des pratiques culturales précises : l'utilisation de plants jeunes, un espacement optimisé, un désherbage mécanique régulier et une gestion alternée de l'irrigation. Cette approche permet de favoriser le développement racinaire et l'aération des sols. Pour les autorités, cette méthode représente un levier stratégique pour les périmètres irrigués, particulièrement dans un contexte où les contraintes foncières et hydriques imposent une meilleure productivité par hectare.
Réduire la dépendance aux importations
La promotion du SRI s'inscrit dans un effort global pour limiter la facture des importations alimentaires, qui atteignait 1 070 milliards de FCFA en 2022 pour les dix principaux produits de consommation. Le riz, pilier de l'alimentation des ménages, est au cœur de cette ambition. L'exécutif cherche à structurer la filière, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal, en favorisant des accords commerciaux entre producteurs, transformateurs et distributeurs pour garantir l'absorption de la production locale sur le marché national.
Le défi de la recherche et du capital humain
La réussite de cette transition agricole repose sur une collaboration étroite entre l'Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA) et les exploitants. Le président Bassirou Diomaye Faye a d'ailleurs appelé à un pacte national fondé sur la science et une gouvernance concertée. Toutefois, la pérennisation de ces innovations se heurte au recul des filières scientifiques dans le système éducatif. Pour pallier ce manque de compétences techniques, le gouvernement a déployé 1 000 Volontaires Agricoles chargés du suivi de terrain et de l'enrôlement numérique des producteurs, une étape indispensable pour transformer les avancées technologiques en résultats concrets sur le terrain.