L'Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER) déploie un vaste programme de pompage solaire destiné à transformer les pratiques agricoles sénégalaises. En misant sur cette technologie, l'agence ambitionne de réduire drastiquement les charges opérationnelles des producteurs tout en favorisant l'autosuffisance alimentaire nationale.
Réduire les coûts pour gagner en compétitivité
Le constat dressé par le professeur Diouma Kobor, directeur général de l'ANER, est sans appel : le coût élevé de l'énergie et de l'accès à l'eau pénalise la compétitivité des agriculteurs locaux face aux importations, notamment pour le riz. Le solaire photovoltaïque est ainsi présenté comme une solution structurelle pour abaisser les coûts de production. Au-delà du pompage, le projet prévoit également l'installation de chambres froides solaires pour optimiser la conservation des récoltes et limiter les pertes post-récoltes.
Un modèle de financement sans apport initial
Pour lever le frein majeur de l'investissement initial, l'ANER propose un mécanisme financier innovant. L'objectif est de permettre aux agriculteurs d'accéder aux équipements sans débourser de capital au départ, en remplaçant les factures d'électricité conventionnelle ou les dépenses en carburant par des mensualités plus accessibles. Ce dispositif bénéficie du soutien de partenaires internationaux de premier plan, dont l'Alliance solaire internationale (ISA), qui s'est engagée à accompagner l'installation de 2 000 à 2 500 pompes, ainsi que de la GIZ.
Un levier pour la souveraineté alimentaire
Lors de l'atelier de concertation tenu à Ndiaye-Mberess, dans la commune de Diama, les autorités administratives, à l'instar de l'adjoint au préfet de Dagana, Landing Diatta, ont souligné l'importance stratégique de la maîtrise de l'eau. Cette transition énergétique est perçue comme un rempart contre la volatilité des prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux. Si la région de Saint-Louis, zone agricole majeure, sert de point de départ, le programme a vocation à couvrir l'ensemble du territoire national. Cette initiative s'inscrit également dans une volonté de corriger les disparités territoriales, alors que le taux d'électrification rurale plafonne à 65 % au Sénégal, contre près de 98 % en milieu urbain.