Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a présenté le NEPIO, nouvel organe chargé de piloter le programme électronucléaire du pays. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à associer gaz naturel et énergies renouvelables pour garantir une électricité fiable et abordable d’ici la fin de la décennie.
Un cadre institutionnel pour le nucléaire civil
Le NEPIO (Organe de mise en œuvre du programme électronucléaire) réunit les principaux acteurs du secteur énergétique sénégalais : représentants du patronat, associations de consommateurs, entreprises privées et industriels. Son mandat consiste à coordonner les étapes de conception, de financement et de suivi du projet nucléaire, tout en assurant une concertation permanente avec les parties prenantes. Le lancement officiel a été annoncé par le ministre de l’Énergie, soulignant la volonté du gouvernement de placer le nucléaire au cœur d’une politique énergétique à long terme.
Collaboration avec l’AIEA : formation et recherche
Depuis plusieurs années, le Sénégal travaille en étroite collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le premier volet de ce partenariat a porté sur l’installation d’un réacteur de recherche destiné à la formation de techniciens et d’ingénieurs sénégalais aux sciences nucléaires. Cette phase préparatoire a permis de créer un vivier de compétences locales, condition indispensable avant d’envisager la construction d’une centrale de production d’électricité. Le gouvernement a indiqué que le programme électronucléaire s’appuiera sur les standards internationaux définis par l’AIEA, tant sur le plan sécuritaire que sur celui de la gestion des déchets.
Intégrer le gaz et les renouvelables dans le mix 2030
Actuellement, les énergies renouvelables représentent environ 30 % du mix énergétique sénégalais, grâce à des projets solaires et éoliens déjà opérationnels. Le pays bénéficie également de récentes découvertes de réserves de pétrole et de gaz, qui alimentent la stratégie « Gas to Power ». Cette approche vise à exploiter le gaz naturel comme source d’énergie de transition, tout en maintenant la part croissante des renouvelables. Le nucléaire, présenté comme une énergie « fiable et compétitive », viendrait compléter ce tableau en offrant une production continue, indépendante des aléas climatiques.
Enjeux économiques et sociaux du programme
Le gouvernement mise sur le nucléaire pour réduire le coût de l’électricité et soutenir la compétitivité des industries locales. Un approvisionnement énergétique stable est perçu comme un levier de croissance, notamment pour les secteurs manufacturier et des services. Par ailleurs, le projet crée des opportunités d’emploi qualifié et renforce les capacités de recherche du pays. Toutefois, les autorités ont souligné la nécessité de respecter les normes de sûreté les plus strictes, afin de garantir l’acceptabilité sociale du projet.