Face à l'épuisement des ressources halieutiques causé par le changement climatique, la commune de Palmarin, dans le département de Fatick, expérimente une solution industrielle innovante. Ce projet pilote d'aquaculture en zone maritime, porté par Atlantic Mariculture en partenariat avec l'Agence nationale de l'aquaculture (Ana), ambitionne de sécuriser l'approvisionnement en protéines tout en offrant des perspectives économiques locales pour limiter la migration irrégulière.
Un levier pour la souveraineté alimentaire
Le dispositif, qui a fait l'objet d'une visite de suivi par une délégation de l'ambassade d'Espagne le 12 octobre 2026, repose actuellement sur deux cages immergées. Selon Saïd Memene, président d'Atlantic Mariculture, ce cycle de production de onze mois devrait permettre de récolter 68 tonnes de poissons, principalement de la dorade et du loup bar. L'objectif à terme est de passer à une vingtaine de cages, transformant ainsi Palmarin en un pôle d'excellence aquacole capable de contribuer significativement à la souveraineté alimentaire nationale.
Création d'emplois et dynamisation locale
Loin de concurrencer les pêcheurs artisanaux, l'infrastructure se veut complémentaire et génératrice d'opportunités. Le projet prévoit la création d'emplois directs permanents, notamment pour des plongeurs, des techniciens et des agents de maintenance, ainsi que des besoins accrus en main-d'œuvre lors des phases de récolte. L'activité devrait également stimuler des emplois indirects dans les secteurs du transport, de la restauration et du commerce, offrant ainsi une alternative économique viable pour la jeunesse locale.
Une réponse structurelle aux défis climatiques
Pour les autorités locales, représentées par le maire Mame Singui Sarr, cette initiative est une réponse directe à la raréfaction des poissons qui fragilise les communautés insulaires. En offrant des perspectives d'insertion professionnelle sur place, le projet vise à décourager le départ massif de jeunes vers l'Europe. Parallèlement, le site est conçu pour devenir un centre de recherche et de diffusion des connaissances, ouvert aux universitaires et aux experts, afin de pérenniser les acquis techniques de cette filière émergente au Sénégal.