Alors que les pays africains peinent à relancer leurs systèmes de santé après les chocs de la pandémie, le Sénégal a réaffirmé son ambition de garantir un accès universel aux soins d’ici 2034. Lors d’un dialogue ministériel à Addis-Abeba, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a présenté les réformes clés de la Stratégie nationale de transformation du système de santé (SNTSS), face à des défis budgétaires et sanitaires persistants.
Un engagement renforcé face aux pressions budgétaires
Le Sénégal a rappelé son engagement en faveur de la couverture sanitaire universelle (CSU) lors de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, tenue à Addis-Abeba du 24 au 28 août 2026. Dans un contexte continental marqué par la baisse de l’aide publique, l’endettement croissant et les chocs sanitaires répétés, le ministre a insisté sur la nécessité d’une responsabilité collective pour pérenniser le financement du secteur.
Le Docteur Ibrahima SY a souligné que ces défis exigeaient des solutions innovantes, notamment une meilleure gestion des ressources et un modèle de financement plus résilient, inclusif et souverain. La SNTSS 2025-2034, qui structure cette vision, mise sur des mécanismes budgétaires adaptés et un partenariat accru avec le secteur privé.
La Stratégie nationale de transformation du système de santé : un plan en trois axes
La SNTSS repose sur trois piliers : l’augmentation des investissements publics, la réduction des dépenses directes des ménages et l’amélioration de l’efficience des dépenses. Le gouvernement sénégalais s’est fixé pour objectif d’alléger le fardeau financier pesant sur les familles, tout en maximisant l’impact des fonds alloués.
Ces réformes s’appuient sur des ajustements budgétaires et des partenariats stratégiques avec les acteurs multilatéraux et privés. L’enjeu est double : sécuriser les ressources nécessaires et garantir leur utilisation optimale pour des services de santé accessibles à tous.
Un dialogue régional pour des solutions africaines
La session de l’OMS a réuni ministres des finances, de la santé, représentants du secteur privé et partenaires au développement. L’objectif ? Définir des cadres de financement durable adaptés aux réalités africaines, loin des modèles importés. Le Sénégal a partagé son expérience, mettant en avant l’importance d’une approche intégrée, combinant innovation et souveraineté sanitaire.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large, où les États africains cherchent à réduire leur dépendance aux financements extérieurs et à renforcer leur autonomie en matière de santé publique.