Le gouvernement sénégalais a confirmé le maintien du paiement de son coupon d'eurobond prévu pour le 13 septembre, malgré l'engagement formel d'un processus de restructuration portant sur près de 5 milliards de dollars de titres obligataires. Cette décision, annoncée par la direction de la dette publique, intervient dans un contexte de dialogue étroit avec le Fonds monétaire international (FMI) pour stabiliser les finances nationales.
Une stratégie de restructuration sous test
Contrairement à la Zambie, au Ghana ou à l'Éthiopie, qui avaient suspendu le service de leur dette en devises étrangères lors de leurs négociations, Dakar privilégie une approche différente. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, ambitionne de faire du processus sénégalais un modèle d'efficacité au sein du Cadre commun du G20. Ce mécanisme révisé mise sur une accélération des délais de traitement, une transparence accrue dans la transmission des données et une concertation simultanée entre les créanciers multilatéraux, bilatéraux et privés.
Périmètre et exclusions de la dette
Les autorités ont clarifié les contours de cette opération financière : la dette libellée en francs CFA est formellement exclue du périmètre de restructuration. En revanche, la situation des instruments financiers complexes, tels que les total-return swaps contractés auprès de la First Abu Dhabi Bank et de l'Africa Finance Corporation, demeure en attente de précisions. Ces contrats, adossés à des emprunts en monnaie locale, constituent un point de vigilance pour les investisseurs.
Le poids du passif budgétaire
Cette phase de restructuration fait suite à une période de turbulences marquée par la suspension, fin 2024, d'un programme de financement du FMI de 1,8 milliard de dollars. Cette décision avait été motivée par des irrégularités dans les données budgétaires, entraînant une réévaluation significative de la dette publique, passée de 74,41 % à 99,67 % du PIB à fin 2023. Sur les marchés financiers, l'annonce de la restructuration a provoqué une réaction contrastée, avec un recul global des titres sénégalais, bien que les obligations à échéance 2048 aient enregistré une légère progression.