Le Sénégal lance une stratégie de 921,7 milliards de francs CFA pour prévenir les inondations et réduire les risques climatiques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 5 lectures
Le Sénégal lance une stratégie de 921,7 milliards de francs CFA pour prévenir les inondations et réduire les risques climatiques

Les pluies torrentielles du 3 et 4 octobre 2026 ont inondé plusieurs quartiers de Dakar, causant cinq décès et perturbant les services essentiels. En réaction, le gouvernement a présenté une stratégie nationale de prévention des inondations, chiffrée à 921,7 milliards de francs CFA, pour être déployée sur quinze ans.

Des pluies dévastatrices déclenchent une mobilisation d’État

Les précipitations intenses ont submergé les rues de la capitale et de plusieurs régions, interrompant la circulation, l’alimentation en eau et l’électricité. Le bilan humain s’est élevé à cinq victimes, dont quatre à Dakar. Ces événements ont mis en lumière la vulnérabilité du pays face à l’urbanisation rapide et aux aléas climatiques, incitant les autorités à repenser leur approche, historiquement centrée sur l’intervention d’urgence.

Une enveloppe de 921,7 milliards de CFA pour 15 ans de prévention

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a annoncé le 5 octobre une enveloppe de 921 milliards de francs CFA destinée à la lutte contre les inondations. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a précisé que le budget total de la stratégie, couvrant la période 2025‑2040, s’élève à 921,7 milliards de CFA. Le financement sera étalé sur quinze ans : l’État prendra en charge 22 % du coût, les partenaires multilatéraux (Banque mondiale, Banque africaine de développement) 33 %, et les partenaires bilatéraux 22 %. Un volet de 15 milliards de CFA proviendra de mécanismes de financement climatique, que les services techniques devront mobiliser via des projets adaptés et des instruments innovants.

Des outils opérationnels pour une gestion intégrée du risque

La mise en œuvre reposera sur trois instruments clés : les plans de prévention du risque d’inondation, qui encadreront l’occupation des zones à risque ; les plans de gestion du risque d’inondation, qui programmeront et chiffreront les ouvrages nécessaires ; et les plans communaux de sauvegarde, qui organiseront les réponses locales en cas de crise. Une stratégie nationale intégrée sera élaborée conjointement avec les ministères de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Transports, comme l’a illustré la visite des ministres à la zone de captage d’eau.

Priorités techniques et mesures d’urgence pour les populations affectées

Le Conseil des ministres du 13 octobre a validé des aides aux familles sinistrées et la création d’un cadre de gestion des crises d’inondation. Parmi les priorités de fond figurent le recalibrage des réseaux d’assainissement, l’entretien préventif des stations de pompage, le contrôle de l’occupation des voies d’eau et le renforcement des systèmes d’alerte. Le plan de gestion du risque d’inondation du bassin versant du lac Rose, estimé à 34,98 milliards de CFA, constitue l’un des premiers projets pilotes de cette nouvelle approche.

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