Le Sénégal a franchi une étape majeure dans la modernisation de son système de transport urbain avec la réception des cent premiers taxis 100 % électriques à Dakar. Ce programme d'envergure, porté par la Banque pour le commerce et l'industrie (Bci) en collaboration avec le Fonds de développement des transports terrestres, ambitionne de remplacer progressivement les flottes vieillissantes par 10 000 véhicules propres d'ici 2030.
Un déploiement progressif vers une mobilité durable
Le projet ne se limite pas à une simple livraison de véhicules. Après cette première phase de cent unités, le calendrier prévoit la mise en circulation de 500 voitures supplémentaires d'ici la fin de l'année, pour atteindre un parc de 1 000 taxis au premier trimestre 2027. Les modèles retenus, des EX2 Pro du constructeur Geely, offrent une autonomie de 400 kilomètres, soutenue par un réseau dédié de stations de recharge rapide. Ce choix technologique vise à réduire drastiquement l'empreinte carbone du secteur tout en améliorant la qualité de l'air et en diminuant la pollution sonore dans la capitale sénégalaise.
Sécurité et professionnalisation des chauffeurs
Le programme impose des standards élevés pour garantir la sécurité des passagers. Chaque véhicule est équipé d'un système de suivi GPS, et le recrutement des chauffeurs répond à des critères stricts : expérience professionnelle confirmée, aptitude physique vérifiée et casier judiciaire vierge. Les conducteurs sélectionnés doivent également suivre un cycle de formation de dix jours. Cette structuration s'accompagne d'un modèle de crédit-bail permettant aux chauffeurs de devenir propriétaires de leur véhicule en quatre ans, tout en bénéficiant d'une couverture sociale complète et d'une assurance tous risques.
Viabilité économique et transition énergétique
Au-delà de l'aspect environnemental, le modèle économique repose sur une réduction significative des coûts d'exploitation. L'usage de l'électricité comme carburant permettrait de diviser par trois ou cinq le coût au kilomètre par rapport aux motorisations thermiques, tandis que les frais de maintenance sont annoncés en baisse de plus de 50 %. Cette maîtrise des charges, couplée à l'affranchissement des fluctuations des prix des hydrocarbures, constitue un levier de pérennité pour les gestionnaires de flottes et les chauffeurs, tout en s'inscrivant dans la Stratégie nationale de développement 2025-2029 du pays.