Le Sénégal lance une coordination interministérielle pour résorber les stocks de riz invendus

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
Le Sénégal lance une coordination interministérielle pour résorber les stocks de riz invendus

Face à une crise majeure de commercialisation touchant la filière rizicole, les ministères de l’Agriculture et du Commerce ont initié une coordination permanente pour mieux articuler production, transformation et stockage. Cette mesure vise à corriger les dysfonctionnements structurels qui empêchent l'écoulement des récoltes locales, alors que des dizaines de milliers de tonnes restent bloquées dans les magasins.

Un défi logistique et financier dans la vallée du fleuve Sénégal

La situation est critique dans la région de Saint-Louis, où près de 50 000 tonnes de riz local — dont 40 000 tonnes de paddy — peinent à trouver preneur. Cette accumulation, qui génère des pertes post-récoltes estimées à 5,6 milliards de francs CFA à Podor, souligne l'inadéquation entre les capacités de production et les circuits de distribution. Pour pallier l'urgence, l'État a dû mobiliser 3,15 milliards de francs CFA afin d'acheter 9 000 tonnes de riz blanc, tout en faisant face à des critiques sur le fonctionnement des points de collecte et le non-respect du prix plancher.

Protectionnisme et régulation des importations

Le ministère du Commerce mise sur une politique de protection des filières locales pour stabiliser le marché. Après avoir prolongé la fermeture des frontières pour la banane et maintenu des restrictions sur l'oignon et la pomme de terre, le gouvernement introduit un prélèvement de 800 francs CFA par kilo de riz importé. Cette taxe, destinée à alimenter une caisse de péréquation, devrait générer entre 13 et 15 milliards de francs CFA par an pour soutenir les prix du riz local. Parallèlement, le déploiement d'infrastructures frigorifiques à Fass, Kaolack et Touba est en cours pour renforcer la conservation des produits.

Vers une transformation agro-industrielle à l'horizon 2050

Au-delà de la gestion des stocks, le gouvernement sénégalais ambitionne une refonte profonde de son modèle agro-industriel, alignée sur l'Agenda Sénégal 2050. L'objectif affiché est de faire passer le taux de transformation locale de 15 % à 60 %. Cette stratégie repose sur une meilleure synergie interministérielle, incluant le ministère des Finances et des institutions bancaires comme la BNDE, pour faciliter le financement de la filière. Un système national d'information partagé avec l'ANSD sera également mis en place pour fiabiliser les données de production.

L'impératif d'une ingénierie sociale

Les autorités reconnaissent que les investissements matériels ne suffisent pas sans une gestion humaine rigoureuse. Le blocage de certains sites de stockage, dû à des différends d'accès entre bénéficiaires, a conduit le ministre de l'Agriculture à prôner une « ingénierie sociale » préalable à tout projet. Cette approche vise à garantir que les infrastructures, souvent sous-utilisées ou inopérantes, profitent réellement aux acteurs de terrain pour éviter le gaspillage des ressources publiques.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.