Le Sénégal lance une campagne de formalisation pour sécuriser 10 000 orpailleurs à Kédougou et Tambacounda

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Le Sénégal lance une campagne de formalisation pour sécuriser 10 000 orpailleurs à Kédougou et Tambacounda

Face à la recrudescence des accidents mortels dans les zones aurifères, le gouvernement sénégalais a lancé une vaste opération d'enrôlement visant 10 000 orpailleurs dans les régions de Kédougou et de Tambacounda. Cette initiative, qui s'étendra jusqu'en octobre 2026, marque une volonté de formaliser l'activité artisanale par la délivrance de cartes numériques d'artisans miniers.

Un levier pour la sécurité et la régulation

L'enrôlement des travailleurs du secteur aurifère répond à une urgence sécuritaire. Les sites clandestins, caractérisés par des creusements anarchiques et une absence totale de normes, sont le théâtre de drames récurrents. Entre 2025 et le premier semestre 2026, les autorités ont recensé des dizaines de décès liés à des éboulements, notamment à Kharakhéna, Gamba-Gamba et Séguéko. La carte numérique devient ainsi l'outil central pour identifier les acteurs et imposer des standards de sécurité minimaux sur les zones d'exploitation.

Vers une transition vers des sites officiels

La stratégie des pouvoirs publics repose sur une migration progressive des activités vers des périmètres miniers officiellement reconnus. Actuellement, neuf sites sont opérationnels entre Kédougou et Tambacounda, sur un total de 33 zones retenues pour la phase test. À terme, l'accès à ces espaces sécurisés sera strictement réservé aux détenteurs de la carte numérique. Cette mesure vise à vider les galeries clandestines, souvent situées dans des zones géologiquement instables ou interdites à l'exploitation.

Un dispositif ouvert à tous les acteurs

Le processus d'enrôlement, piloté par la Direction régionale de l'Énergie, des Mines et du Pétrole, ne fait pas de distinction de nationalité : il concerne aussi bien les orpailleurs sénégalais que les ressortissants étrangers travaillant dans ces régions. Des points d'enregistrement ont été installés à Kédougou, Saraya et Tambacounda pour faciliter cette formalisation. En structurant ainsi le secteur, l'État cherche non seulement à prévenir les risques humains, mais également à mieux encadrer une activité économique cruciale pour les populations locales, tout en luttant contre les trafics illicites d'or.

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