Le Sénégal franchit une étape stratégique pour son indépendance énergétique avec la signature d'un protocole d'accord pour la construction d'une deuxième raffinerie. Ce projet industriel d'envergure, porté par la Société africaine de raffinage (SAR) et le groupe turc Yamata, vise à transformer localement les ressources pétrolières nationales tout en stimulant l'emploi.
Un investissement majeur pour la souveraineté pétrolière
Le projet, dont le coût est estimé entre 2 et 3 milliards de dollars, prévoit une capacité de traitement annuelle de 4 millions de tonnes de pétrole brut. Cette nouvelle unité industrielle sera capable de raffiner le pétrole extrait du champ de Sangomar, ainsi que d'autres types de bruts. Cette infrastructure vient compléter le programme de modernisation de la raffinerie historique de Mbao, pour lequel un investissement distinct de 300 à 500 millions de dollars est déjà prévu. L'objectif affiché par les autorités sénégalaises est de couvrir l'intégralité de la demande nationale en carburants et de dégager des excédents pour le marché sous-régional.
Un modèle de financement sans garantie souveraine
La compagnie turque Yamata assurera l'intégralité du cycle de réalisation du projet, incluant l'ingénierie, les achats, la construction et le financement. Un point notable de cet accord, souligné par la présidence de la République, est l'absence de garantie souveraine de l'État sénégalais, le partenaire turc s'engageant à mobiliser les ressources nécessaires auprès de ses propres institutions financières. Cette structuration financière marque une volonté de limiter l'exposition directe des finances publiques tout en accélérant le développement des capacités de transformation.
Retombées économiques et développement industriel
Au-delà de la production de carburants, le projet ambitionne de devenir un moteur de croissance pour l'emploi et l'industrie locale. La phase de construction devrait générer plus de 15 000 emplois directs, avec une priorité donnée au contenu local, notamment dans les secteurs de l'ingénierie, de la logistique et de la maintenance industrielle. À terme, les autorités espèrent que cette raffinerie servira de catalyseur pour l'émergence d'un pôle pétrochimique national, favorisant la transformation sur place des dérivés du pétrole et le développement de nouvelles filières industrielles connexes.