Le gouvernement sénégalais a lancé une offensive stratégique pour encadrer l'exploitation artisanale de l'or dans les régions de Kédougou et de Tambacounda. Par le biais d'un partenariat entre les ministères des Mines et des Forces armées, l'État mobilise 488,4 millions de francs CFA pour délimiter et aménager sept couloirs d'orpaillage pilotes, confiés au Génie militaire.
Une infrastructure pour la formalisation du secteur
Le projet prévoit, sur une période de deux ans, la sécurisation physique de sept périmètres d'un kilomètre carré chacun, entourés de clôtures grillagées. Au-delà de cette protection, l'initiative vise à améliorer les conditions de travail des orpailleurs. Chaque site sera équipé d'infrastructures de base, incluant des forages, des installations solaires, des réfectoires et des crèches. Ces dernières répondent à un enjeu social majeur : protéger les enfants et alléger la charge des femmes travaillant sur les sites.
Souveraineté économique et traçabilité
Pour le ministère des Mines et de la Géologie, cette démarche est essentielle pour reprendre le contrôle sur une activité qui échappe largement aux circuits officiels. L'exploitation artisanale, qui fait vivre plus de 31 000 personnes, est actuellement marquée par des risques environnementaux, notamment la pollution du fleuve Falémé, et par une commercialisation informelle. L'objectif affiché est de formaliser au moins 50 % des acteurs du secteur d'ici 2029, en s'appuyant sur une feuille de route prévoyant l'ouverture de 38 couloirs d'orpaillage à terme.
Sécurisation des zones frontalières
Le ministère des Forces armées souligne la dimension sécuritaire de ce déploiement. Dans ces régions frontalières, l'orpaillage clandestin est souvent le terreau d'activités illicites qui compliquent le contrôle du territoire. En confiant ces travaux au Génie militaire, l'État cherche à renforcer la maîtrise des espaces et à prévenir les risques sécuritaires dans un contexte sous-régional instable. La réussite de ce programme dépendra désormais de la coordination interministérielle, de la mobilisation des ressources financières et de l'adhésion des communautés locales aux nouvelles normes d'exploitation.