À l'occasion de la 9e édition de la Journée internationale des langues des signes, le gouvernement sénégalais a réaffirmé son ambition de transformer l'inclusion des personnes sourdes en une réalité quotidienne. La ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, a plaidé à Thiès pour une application concrète des droits fondamentaux, dépassant le simple cadre des politiques publiques existantes.
Vers une accessibilité accrue des services publics
Le débat a mis en lumière les barrières persistantes dans l'accès aux services essentiels. Pour y remédier, les autorités préconisent une généralisation de l'interprétation en langue des signes et du sous-titrage dans la communication institutionnelle. Cette démarche vise à garantir une autonomie réelle des citoyens sourds dans leurs interactions avec l'administration, les structures de santé et le monde du travail. La ministre a également insisté sur l'importance du dépistage précoce et de l'intégration des outils numériques comme leviers d'information et d'inclusion.
Le défi de l'éducation inclusive
L'éducation demeure un point de vigilance majeur pour les autorités. Si des dispositifs comme la Carte d’égalité des chances ou les programmes d'éducation spécialisée sont en place, les données soulignent un décalage persistant. En 2024, le Sénégal recensait 14 773 élèves en situation de handicap, représentant seulement 0,41 % des effectifs dans l'enseignement élémentaire. Ce chiffre contraste avec une prévalence nationale du handicap estimée à 7,3 % par le RGPH-5 de 2023, illustrant l'ampleur du travail à accomplir pour atteindre une scolarisation équitable.
Renforcer l'impact des dispositifs existants
Au-delà des intentions, l'enjeu est désormais celui de l'efficacité des mécanismes de protection sociale et d'appui économique. La rencontre de Thiès, qui a rassemblé élus locaux, organisations spécialisées et partenaires, a permis de dresser un état des lieux sans concession. Si le cadre législatif et les programmes d'accompagnement existent, leur accessibilité réelle reste le principal défi. L'objectif affiché est de transformer ces outils en leviers de participation citoyenne, économique et culturelle, afin que les personnes sourdes puissent pleinement contribuer au développement national.