Le Sénégal a officiellement lancé sa campagne hivernale de lutte contre le paludisme, une période critique où les précipitations augmentent les risques de prolifération des moustiques. Sous l'impulsion du ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Ibrahima Sy, le pays mise sur une approche multisectorielle pour consolider les acquis sanitaires récents et protéger les populations les plus vulnérables.
Une dynamique de baisse des indicateurs épidémiologiques
Les efforts déployés par les autorités sanitaires portent leurs fruits. Le pays a enregistré une amélioration significative de sa situation épidémiologique, avec une incidence nationale tombée à 12,8 cas pour 1 000 habitants en 2025, contre 22,8 cas pour 1 000 habitants en 2024. Cette tendance encourageante souligne l'efficacité des dispositifs de surveillance et de prise en charge, tout en imposant une vigilance accrue pour maintenir cette trajectoire descendante.
Stratégies de prévention et ciblage des populations
Pour contrer la hausse des transmissions liée à l'hivernage, le ministère déploie un arsenal de mesures préventives. Celles-ci incluent la distribution massive de moustiquaires imprégnées et l'extension de la chimioprévention saisonnière aux enfants âgés de 3 à 120 mois dans les zones à forte prévalence. Le diagnostic rapide et la gratuité des soins dans les structures publiques demeurent les piliers de cette stratégie, visant en priorité les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, catégories les plus exposées aux complications.
Optimisation des ressources et approche multisectorielle
La lutte contre le paludisme ne se limite plus au seul secteur médical. Le ministre Ibrahima Sy a plaidé pour une implication renforcée des départements de l'éducation, de la culture et de la communication. Parallèlement, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) travaille à une meilleure efficience financière. Lors d'un atelier tenu à Dakar, le professeur Aliou Thiongane a insisté sur la nécessité de définir des scénarios d'intervention basés sur une sous-stratification précise, garantissant que chaque franc investi génère un impact mesurable sur le terrain.