L'Assemblée nationale sénégalaise a franchi une étape décisive dans le renforcement de son pouvoir de contrôle en installant officiellement le Comité d'Évaluation des Politiques publiques (CEPP). Cette instance, dont la création découle de la révision constitutionnelle de 2016, vise à garantir une meilleure efficacité de l'action gouvernementale par un suivi parlementaire rigoureux.
Une instance au cœur du contrôle parlementaire
Le CEPP a pour mission fondamentale de structurer et de piloter l'évaluation des politiques publiques menées par l'exécutif. En rendant opérationnel ce mécanisme, le Parlement sénégalais se dote d'un outil capable d'analyser la mise en œuvre des décisions publiques, assurant ainsi une reddition de comptes plus systématique. Cette installation marque la concrétisation d'une réforme attendue depuis près d'une décennie, visant à transformer le rôle des députés en véritables auditeurs de l'action de l'État.
La composition stratégique du comité
La structure du CEPP reflète une représentativité élargie de l'hémicycle. Le comité intègre le président de l'Assemblée nationale, les présidents des 14 commissions permanentes, ainsi que les représentants des différents groupes parlementaires et des députés non-inscrits. Cette configuration, qui inclut également neuf députés supplémentaires désignés à la proportionnelle, garantit une pluralité des points de vue lors des travaux d'évaluation, renforçant ainsi la légitimité des conclusions qui seront produites par l'organe.
La direction du bureau sous la présidence de Sonko
Lors de sa séance inaugurale le 21 août 2026, le comité a procédé à l'élection de son bureau exécutif. Ousmane Sonko, en sa qualité de président de l'Assemblée nationale, a été porté à la tête du CEPP. Il sera épaulé dans ses fonctions par Mohamed Sall et Djimo Souaré, respectivement premier et deuxième vice-présidents. Le secrétariat du comité est assuré par Béatrice Germaine Faye et Adama Diallo. Cette équipe dirigeante aura désormais la charge d'impulser les premières évaluations et de définir les priorités de contrôle pour les mois à venir.