Le Sénégal peine à accélérer le déploiement de la 5G en raison d'un cadre réglementaire jugé contraignant par la GSMA. Malgré une couverture 4G étendue, le pays affiche un retard compétitif sur le continent, plombé par des coûts de licences et de spectre qui pèsent lourdement sur les capacités d'investissement des opérateurs mobiles.
Un retard compétitif dans l'indice numérique 2025
Dans son dernier Indice des politiques et de la régulation numérique, la GSMA attribue au Sénégal un score de 65, plaçant le pays loin derrière des nations comme la Tanzanie (100), le Nigéria (91) ou encore la Namibie (81). Ce classement souligne une fragilité structurelle dans l'écosystème numérique national, alors même que le pays dispose d'une base solide avec 97 % de couverture 4G et une adoption de l'internet mobile par 8,16 millions de citoyens.
Le poids financier des redevances sur le spectre
Le principal point de friction réside dans la tarification du spectre et du faisceau hertzien, dont les redevances annuelles seraient sept fois supérieures à la moyenne régionale. Cette pression fiscale a été mise en lumière lors de l'appel d'offres de 2023, où Orange Sonatel a dû débourser 34,5 milliards de FCFA pour obtenir ses licences, un montant dépassant largement le prix de réserve initial. Cette situation a conduit à une exclusion de fait d'autres acteurs du marché, incapables de supporter des charges jugées disproportionnées.
Vers une réforme de la stratégie de régulation
Pour la GSMA, ces coûts constituent une « taxe structurelle » qui entrave directement l'extension des réseaux vers les zones rurales et limite l'accès aux services numériques pour une large partie de la population. Actuellement, 54 % des personnes vivant dans des zones techniquement couvertes n'utilisent toujours pas l'internet mobile. Face à ce constat, les recommandations convergent vers une révision profonde de la politique de l'ARTP. L'enjeu est désormais d'adopter une feuille de route pluriannuelle et des attributions technologiquement neutres, afin d'offrir aux investisseurs un cadre plus prévisible et propice au développement des infrastructures de nouvelle génération.