À l'approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) prévus à Dakar en 2026, une vive controverse oppose des organisations internationales aux acteurs de la société civile sénégalaise. Au cœur des tensions, la loi n° 05/2026, qui renforce la répression des actes homosexuels et de leur promotion, cristallise les débats sur la souveraineté législative du pays face aux exigences des défenseurs des droits humains.
Le durcissement du cadre pénal sénégalais
La législation en vigueur, matérialisée par la modification de l'article 319 du Code pénal, a significativement alourdi les sanctions pénales. Les peines pour relations homosexuelles consenties sont désormais portées à une fourchette de cinq à dix ans d'emprisonnement. Au-delà des actes, la loi étend son champ d'application en pénalisant également le soutien, la promotion ou le financement de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité, une approche qui a suscité l'indignation du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.
Les exigences de Human Rights Watch
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a formulé une série de recommandations aux autorités sénégalaises, appelant à l'abrogation de ces dispositions législatives. L'ONG exprime des inquiétudes majeures concernant les libertés publiques, notamment le droit à la défense, la liberté d'expression et le droit de réunion. HRW pointe également du doigt les pratiques policières et judiciaires, réclamant des enquêtes sur les abus potentiels, ainsi qu'une vigilance accrue sur le respect de la confidentialité médicale et du statut sérologique des personnes poursuivies dans le cadre de ces procédures.
La défense de la souveraineté nationale
Face à ces pressions, le collectif And Samm Jikko Yi, par la voix de son coordonnateur Babacar Sylla, a réaffirmé le droit du Sénégal à définir ses propres normes juridiques. Pour le collectif, les demandes de HRW s'apparentent à des injonctions étrangères incompatibles avec la souveraineté nationale. Babacar Sylla souligne que la loi actuelle reflète la volonté d'une large partie de la société sénégalaise et a été validée par la représentation nationale. Le collectif entend maintenir sa mobilisation citoyenne et juridique pour défendre cette législation, tout en rappelant que les institutions sénégalaises, issues d'un processus démocratique, doivent demeurer les seules décisionnaires sur les questions de société touchant à l'ordre public et aux valeurs nationales.