Le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présenté un bilan à mi-parcours de la gestion des inondations au Sénégal après les fortes pluies du 15 septembre. Si l'anticipation des services de l'État a permis une évacuation rapide des eaux dans plusieurs zones, le gouvernement reconnaît les limites structurelles d'un réseau d'assainissement devenu inadapté à la densité urbaine actuelle.
Une réactivité opérationnelle sous surveillance
Le dispositif de gestion, piloté par la Direction de la prévention et de la gestion des inondations et l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS), s'est appuyé sur une surveillance accrue des points critiques et un renforcement des capacités de pompage. Lors de sa tournée nationale, le ministre a inspecté plusieurs ouvrages stratégiques, notamment à Keur Massar, Thiaroye et Mbao. Ces interventions visent à maintenir la fluidité des réseaux en dégageant les avaloirs et en assurant le bon fonctionnement des bassins de rétention, une stratégie que le ministère juge globalement efficace pour limiter les dégâts immédiats.
Les limites matérielles face aux aléas climatiques
Malgré ces efforts, la vulnérabilité de certaines infrastructures reste préoccupante. L'incident survenu au centre de santé Philippe Maguilen Senghor à Yoff, où une panne de pompe a provoqué l'évacuation de patients, illustre le décalage entre les besoins de terrain et les moyens techniques disponibles. Cette fragilité est exacerbée par des facteurs structurels : l'imperméabilisation croissante des sols dakarois et l'urbanisation des zones basses compliquent durablement la gestion des eaux pluviales, rendant les interventions humaines parfois insuffisantes face à l'ampleur des précipitations.
Le défi financier du renouvellement des réseaux
Le constat dressé par le ministère pointe une réalité historique : une large partie du réseau d'assainissement date des années 1960. Conçu pour une population bien inférieure à celle d'aujourd'hui, ce système est désormais largement sous-dimensionné. Cheikh Tidiane Dièye a ouvert la réflexion sur une refonte complète des installations, un chantier d'envergure qui exigera des investissements financiers massifs. En attendant ces transformations structurelles, le ministère a ordonné l'accélération des travaux en cours et poursuit sa tournée d'inspection dans les régions de Diourbel et de Kaolack pour coordonner la réponse avec les autorités locales.