Une enquête d'Afrobarometer révèle une large adhésion des citoyens sénégalais au principe d'égalité des droits politiques, avec 78 % de réponses favorables. Pourtant, ce consensus sociétal peine à se traduire dans les instances de décision locale, où la présence des femmes demeure marginale.
Un soutien massif à l'égalité des droits
L'étude menée auprès des citoyens sénégalais âgés de 18 ans et plus souligne une volonté claire de la population en faveur d'une représentation équilibrée. Une nette majorité de 78 % des sondés se prononce pour l'égalité des droits politiques entre les sexes. À l'inverse, une minorité de 21 % des répondants considère que les hommes sont plus aptes à assumer des responsabilités politiques ou devraient être prioritairement impliqués dans la gestion des affaires publiques, tandis qu'une infime part de 1 % reste sans opinion, selon les précisions de Soukeyna Diallo, chercheure au Consortium pour la Recherche Économique et Sociale (Cres).
La réalité des chiffres dans les collectivités
Le contraste est frappant lorsque l'on observe la composition réelle des exécutifs locaux issus des élections territoriales de 2022. Selon les données de l'Observatoire national de la parité, les femmes ne dirigent que 18 des 558 communes du pays, soit un taux de 3,2 %. Cette sous-représentation s'observe également au niveau des conseils départementaux : seules 3 femmes occupent la présidence sur les 43 conseils existants, représentant 7 % des effectifs.
Les enjeux d'une transition politique
Ce décalage entre les aspirations exprimées par les citoyens et la configuration effective des instances de pouvoir pose la question des mécanismes d'accès aux responsabilités. Si l'opinion publique semble acquise à l'idée d'une égalité politique, la persistance de ces chiffres faibles suggère des freins structurels ou culturels qui limitent l'accession des femmes aux postes de maire ou de président de conseil départemental. L'enjeu pour les prochaines échéances électorales sera de transformer cette adhésion théorique en une représentativité concrète au sein des territoires.