Le 31 août, l'Afrique célèbre la médecine traditionnelle, mais au Sénégal, la situation est paradoxale. Alors que cette médecine est profondément ancrée dans les communautés, le pays peine à lui donner une place officielle.
Une réalité enracinée, mais un cadre législatif absent
La médecine traditionnelle repose sur des savoirs ancestraux et des praticiens proches des populations. Pourtant, le Sénégal n'a toujours pas de loi spécifique pour encadrer cette pratique et reconnaître ses professionnels.
Un projet de loi en attente
Adopté en 2017, un projet de loi sur la médecine traditionnelle attend toujours son aboutissement législatif. Ce retard est inquiétant, surtout au vu des avancées au niveau africain et sous-régional.
L'opportunité du Code de la Santé
Le processus de finalisation du Code de la Santé offre une nouvelle chance. Intégrer les principes fondamentaux de la médecine traditionnelle dans ce code pourrait être un premier pas vers une reconnaissance officielle.
La distinction entre pharmacopée et médecine traditionnelle
Il est essentiel de faire la différence entre la pharmacopée, qui est une composante de la médecine traditionnelle, et la médecine traditionnelle dans son ensemble. La loi sur les médicaments ne suffit pas à réglementer la pratique des praticiens de médecine traditionnelle.
Les risques de la confusion
Sans distinction claire, la médecine traditionnelle risque d'être réduite à ses produits, ce qui dénaturerait sa pratique et pourrait mener à sa marginalisation.
La reconnaissance des praticiens, une priorité
Les praticiens de médecine traditionnelle sont les dépositaires de savoirs transmis de génération en génération. Leur reconnaissance et leur encadrement sont essentiels pour protéger les populations et préserver notre patrimoine thérapeutique.
La médecine traditionnelle dans la santé communautaire
Dans le cadre de l'approche One Health, les praticiens de médecine traditionnelle peuvent jouer un rôle crucial dans la sensibilisation, l'orientation des patients et la surveillance des maladies chroniques.
Une présence insuffisante dans le débat national
Malgré l'importance croissante accordée à la prévention et à la santé communautaire, la médecine traditionnelle reste en marge des grands débats et des réformes.
Vers une structure nationale autonome
Il est temps de créer une structure nationale dédiée à la médecine traditionnelle, avec une capacité juridique et opérationnelle, impliquant différents secteurs et les praticiens eux-mêmes.