Le réseau électrique sénégalais traverse une période de tension marquée par une perte de 300 mégawatts, forçant la Senelec à mettre en place des délestages tournants sur l'ensemble du territoire. Cette situation, qui affecte aussi bien les ménages que les activités économiques, est exacerbée par une demande en électricité dépassant les prévisions initiales.
La défaillance des capacités de production
Le déficit actuel provient principalement de deux incidents techniques majeurs. La centrale flottante opérée par Karpowership, pilier du mix énergétique, subit un arrêt partiel qui prive le système d'environ 200 mégawatts. À cette indisponibilité s'ajoute la panne d'une turbine au sein de la centrale de Cap des Biches, située dans la banlieue dakaroise. Ces défaillances techniques réduisent drastiquement la marge de manœuvre de l'opérateur national.
Une pression accrue par la demande et les coûts
La crise survient dans un contexte de forte hausse de la consommation électrique, stimulée par des températures élevées. Alors que la pointe de demande pour le mois d'octobre était estimée à 1 300 MW, la consommation a déjà atteint 1 400 MW dès le mois d'août. Parallèlement, la Senelec fait face à des contraintes financières importantes liées à l'approvisionnement en gasoil. Selon le directeur général Papa Toby Gaye, le coût de ce combustible a quasiment doublé, pesant lourdement sur l'équilibre opérationnel de l'entreprise.
Impact sur les usagers et calendrier de rétablissement
Les conséquences de ces interruptions sont directes pour les populations, avec des coupures répétées perturbant le quotidien des ménages et des commerçants, notamment à Dakar. Face à ce mécontentement, la direction de la Senelec a annoncé une stratégie de récupération progressive des capacités. L'objectif affiché est un rétablissement complet de l'offre électrique au plus tard le jeudi 24 septembre, ou, au plus tard, avant la fin de la semaine en cours. Ce défi intervient alors que le pays poursuit ses efforts d'extension du réseau, avec un taux d'électrification rurale atteignant 69,84 % en 2024.