Face à une situation financière préoccupante marquée par un déficit budgétaire en forte progression, l'analyste politique Hamidou Anne appelle à un redressement immédiat des comptes publics sénégalais. Cette prise de parole souligne également la volonté de l'Alliance pour la République (APR) de structurer une alternative politique crédible en vue des prochaines échéances électorales.
Un déséquilibre budgétaire sous tension
Le constat dressé par Hamidou Anne met en lumière une trajectoire financière jugée alarmante. Selon ses analyses, le déficit budgétaire aurait triplé en seulement six mois au cours de l'année 2024. Sur un besoin de financement estimé à 6 075 milliards de FCFA pour 2026, environ 5 200 milliards seraient directement imputables à la création de déficit, hors remboursements de dette. Cette situation s'inscrit dans un contexte où la dette du secteur public consolidé a atteint 132 % du PIB fin 2024, dépassant les 23 500 milliards de FCFA, tandis que le Trésor public fait face à des conditions d'accès aux liquidités de plus en plus onéreuses.
La stratégie de l'APR pour une alternative politique
Au-delà de la critique économique, l'ancien collaborateur de Macky Sall annonce que l'APR travaille activement à l'élaboration d'un projet alternatif. L'objectif est de proposer une vision cohérente aux citoyens sénégalais en s'appuyant sur le bilan des dix années du Plan Sénégal émergent. Hamidou Anne précise que cette démarche vise à fédérer les forces de l'opposition autour d'un cadre minimal d'entente, sans pour autant effacer les spécificités des programmes de chaque formation politique alliée.
Priorités pour la stabilité économique
Pour restaurer la crédibilité de la signature du Sénégal, l'analyste insiste sur trois piliers fondamentaux. Il préconise d'abord un retour à une rigueur budgétaire stricte et une normalisation des relations avec les partenaires financiers internationaux comme le FMI et la Banque mondiale. Ensuite, il rejette toute tentation d'isolement économique, rappelant l'importance des engagements au sein de l'UEMOA et de la CEDEAO pour favoriser l'industrialisation. Enfin, il souligne la nécessité de maintenir des mécanismes d'inclusion sociale, tels que les bourses de sécurité familiale et la couverture maladie universelle, pour atténuer les inégalités territoriales et sociales qui restent un enjeu majeur pour le pays.