Le gouvernement sénégalais a officiellement présenté sa feuille de route économique, révélant une situation financière sous tension marquée par un endettement massif. Face à ce constat, l'exécutif mise sur un Plan de Redressement Économique et Social (PRES) doté de 6 166 milliards de FCFA pour stabiliser les comptes et stimuler la croissance.
Une dette publique sous haute surveillance
La situation des finances publiques sénégalaises est caractérisée par un niveau d'endettement critique. À la fin de l'année 2024, la dette du secteur public consolidé atteignait environ 132 % du PIB, soit plus de 23 500 milliards de FCFA. Cette pression est accentuée par l'envolée de la dette du secteur parapublic, qui a plus que doublé en cinq ans, passant de 816 milliards en 2019 à 1 917 milliards en 2024. Parallèlement, le déficit budgétaire pour 2024 a été réévalué à 13,7 % du PIB, tandis que la croissance hors hydrocarbures est restée modeste à 2,2 % en 2025.
Stratégies de redressement et mobilisation des recettes
Pour redresser la barre, le gouvernement a détaillé plusieurs leviers, dont le traitement des arriérés de paiement de l'État, évalués à 1 956 milliards de FCFA. L'exécutif prévoit également une réforme des subventions aux carburants, jugeant que 65 % de ces aides profitent actuellement aux 20 % des ménages les plus aisés. La mobilisation des ressources reste toutefois un défi majeur : à fin août 2026, les recettes domestiques n'atteignaient que 56,9 % des objectifs fixés. Pour pallier ce manque, une stratégie de transfert d'actifs marchands au FONSIS est envisagée, avec l'ambition de générer 5 000 milliards de FCFA et de favoriser la création d'emplois.
Défis sociaux et infrastructures prioritaires
Au-delà des chiffres macroéconomiques, le gouvernement affiche des objectifs sociaux ambitieux, notamment l'extension de la couverture des ménages vulnérables. Actuellement, plus de 645 000 foyers pauvres restent en attente d'une prise en charge. Dans les secteurs stratégiques, l'État ambitionne de réduire le coût de l'électricité de 30 % d'ici 2030, tout en s'appuyant sur les réserves pétrolières et gazières de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim. Le secteur du logement et celui de l'agriculture sont également au cœur de cette planification, avec l'objectif de livrer 30 000 logements par an et de renforcer la souveraineté alimentaire, notamment sur le riz et les produits maraîchers.