Le Sénégal intensifie sa stratégie de valorisation de son domaine minier en signant un protocole d'accord avec le géant italien Eni pour l'étude technique de cinq blocs offshore. Cette initiative vise à mieux cerner le potentiel géologique du bassin sédimentaire national, alors que la grande majorité des blocs pétroliers et gaziers du pays demeurent inexploités.
Un programme d'évaluation technique approfondi
Le protocole, conclu en marge du salon Gastech 2026, porte sur les blocs SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Eni s'est engagé à financer et à piloter un programme d'analyses techniques complet. Ce travail repose sur l'examen approfondi des données sismiques 2D et 3D existantes, ainsi que sur l'exploitation des informations issues des puits déjà forés. Le dispositif inclut également un volet de transfert de compétences, avec des ateliers spécialisés et des échanges d'expertise entre les équipes du groupe italien et les techniciens sénégalais, sous l'égide de PETROSEN.
Relancer l'attractivité du bassin sédimentaire
Pour le ministère de l'Énergie et du Pétrole, cette démarche s'inscrit dans une volonté de dynamiser l'amont pétrolier. Actuellement, sur les 113 blocs pétroliers et gaziers recensés au Sénégal, seuls quatre font l'objet d'un contrat. L'ouverture de 109 blocs aux investisseurs nationaux et internationaux, dans un contexte marqué par l'audit des contrats miniers et énergétiques initié en 2024, témoigne de la volonté des autorités de mieux valoriser les ressources nationales tout en assurant une gestion rigoureuse.
Un cadre juridique strictement encadré
Le gouvernement sénégalais, par la voix du ministère dirigé par Abdourahmane Diouf, a tenu à clarifier la portée de cet accord. Il s'agit exclusivement d'une phase d'études et de discussions techniques. Ce protocole ne constitue en aucun cas une attribution de titre d'exploration ou d'exploitation, ni ne garantit l'octroi futur d'un contrat pétrolier. Toute évolution vers une phase opérationnelle devra impérativement se conformer aux procédures législatives et réglementaires en vigueur au Sénégal, garantissant ainsi la souveraineté de l'État sur ses ressources tout au long du processus.