Le Sénégal et la Mauritanie ont lancé un appel à mobilisation financière pour garantir la continuité de la Réserve de biosphère transfrontière du Delta du Sénégal (RBTDS). Un budget de 8,5 milliards de francs CFA, soit environ 15 millions de dollars, est jugé indispensable pour maintenir les activités de conservation et de développement durable de cet espace naturel stratégique dont le cycle de financement initial s'achève cette année.
Un enjeu de coopération transfrontalière
La pérennisation de ce projet repose sur une collaboration étroite entre Dakar et Nouakchott. Lors d'une table ronde organisée à Saint-Louis, les représentants des ministères de l'Environnement des deux pays, appuyés par des institutions comme l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et le Fonds mondial pour l'environnement, ont souligné la nécessité d'une stratégie commune. Ce partenariat, initié en 2022, vise à sanctuariser une zone de 641 768 hectares qui chevauche la frontière fluviale, incluant des sites emblématiques tels que le parc national des oiseaux du Djoudj au Sénégal et le parc national du Diawling en Mauritanie.
Protection de la biodiversité et services écosystémiques
Au-delà de la conservation pure, la réserve joue un rôle vital pour l'équilibre écologique régional. Le Delta constitue une étape migratoire cruciale pour des millions d'oiseaux et abrite plusieurs zones humides classées par la Convention de Ramsar. Pour les autorités, la préservation de cet écosystème est indissociable de la survie économique des communautés locales. Les services rendus par la réserve soutiennent directement des secteurs clés tels que la pêche, l'élevage, l'agriculture, l'artisanat et le tourisme, faisant de la gestion durable du site un levier de développement socio-économique pour les populations riveraines.
Défis de la recherche et du développement local
La poursuite des activités après 2024 se concentrera sur trois axes majeurs : la protection rigoureuse de la nature, le renforcement de la recherche scientifique et la création d'activités génératrices de revenus. Le directeur du parc national du Diawling, Daf Ould Sehla Ould Daf, a insisté sur l'importance de maintenir les acquis pour éviter une dégradation des ressources naturelles partagées. La réussite de cette levée de fonds déterminera la capacité des deux États à concilier les impératifs de conservation environnementale avec les besoins croissants des populations vivant au sein de cet espace transfrontalier majeur.