Face à la récurrence des inondations qui ont récemment causé cinq décès et paralysé les infrastructures urbaines, le gouvernement sénégalais amorce un changement de paradigme. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a dévoilé le Programme de renforcement de la résilience contre les inondations au Sénégal (PRRIS), doté d'une enveloppe de 921 milliards de francs CFA.
Une réponse structurelle sur quinze ans
Le PRRIS marque une rupture avec les interventions d'urgence traditionnelles. Ce programme, déployé sur une période de 15 ans, privilégie des solutions durables pour anticiper les risques climatiques. Les investissements se concentreront sur la modernisation des réseaux de drainage, la construction de bassins de rétention et l'aménagement global des zones les plus vulnérables du pays. L'objectif est de passer d'une gestion réactive, limitée aux périodes de crise, à une planification intégrée et préventive.
Diagnostic et cadre politique
La mise en œuvre de cette stratégie repose sur un travail préparatoire entamé dès 2024, année consacrée au diagnostic des infrastructures existantes. Ce socle technique a permis d'élaborer une nouvelle lettre de politique sectorielle de l'eau et de l'assainissement. Désormais, la Direction de la prévention des inondations est chargée de piloter cette stratégie de gestion intégrée, validée en Conseil des ministres, afin d'assurer une cohérence dans l'exécution des travaux sur le long terme.
L'exceptionnalité des précipitations d'octobre
La nécessité de cette réforme est soulignée par l'intensité inédite des récentes pluies. Entre le 23 septembre et le 10 octobre, des relevés pluviométriques records ont été enregistrés, atteignant 142 mm à Rufisque et 137,5 mm à Yoff. Selon les autorités, une telle accumulation d'eau au mois d'octobre n'avait pas été observée à Dakar depuis 1946. Ces données météorologiques illustrent l'ampleur du défi auquel les infrastructures actuelles, souvent saturées, doivent faire face pour garantir la sécurité des populations et la continuité des services essentiels comme l'eau et l'électricité.