Depuis avril 2024, les nouvelles autorités sénégalaises déploient une stratégie de redressement financier visant à corriger des déséquilibres budgétaires structurels. Cette politique repose sur une transparence accrue des comptes publics et une restructuration de la dette, tout en cherchant à maintenir les investissements sociaux et le soutien au secteur privé.
La transparence comme levier de redressement
La réévaluation de la dette publique, désormais établie à 99,67 % du PIB contre 74,41 % initialement annoncés, a marqué un tournant dans la gestion des finances nationales. Ce travail de vérité, appuyé par l'Inspection générale des finances, la Cour des comptes et le cabinet Mazars, constitue, selon Papa Lamine Diop, le socle indispensable pour assainir le budget. Cette démarche de clarification a permis au Sénégal d'entamer des discussions pour une restructuration de sa dette dans le cadre commun du G20, une initiative saluée par le Trésor américain comme un progrès significatif vers la stabilité.
Diplomatie économique et diversification des financements
Pour pallier la suspension temporaire du programme avec le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement mise sur une diplomatie économique active. Les récentes visites présidentielles, notamment à Washington et à Abou Dhabi, visent à consolider les relations avec les institutions de Bretton Woods tout en diversifiant les sources de financement auprès des pays du Moyen-Orient. L'objectif est de sécuriser des ressources pour les projets de développement tout en renforçant le rôle des entreprises locales via le Conseil présidentiel de l'investissement.
Priorités budgétaires et soutien au secteur privé
Malgré les contraintes financières, l'État maintient ses engagements sociaux, notamment le doublement de l'enveloppe des bourses familiales, qui passera de 70 à 148 milliards de francs CFA, ainsi que la préservation des bourses étudiantes et de la couverture maladie universelle. Parallèlement, le gouvernement prévoit de débloquer 300 milliards de francs CFA pour apurer une partie de la dette intérieure, une mesure destinée à injecter des liquidités nécessaires aux entreprises nationales.
Investissements dans l'innovation numérique
La stratégie de relance intègre également une dimension technologique ambitieuse. Un investissement de 300 millions de dollars est prévu pour le secteur du numérique. Ce programme cible prioritairement le soutien aux startups, le renforcement de l'innovation et la sécurisation des infrastructures numériques, confirmant la volonté de l'exécutif d'inscrire la transformation digitale au cœur de la croissance économique future.