Face à la persistance de l'inflation, le gouvernement sénégalais a dévoilé une série de mesures d'urgence visant à stabiliser les prix des denrées de première nécessité et du logement. Cette stratégie, coordonnée par plusieurs départements ministériels, cherche à répondre aux orientations présidentielles pour protéger le pouvoir d'achat des ménages contre la spéculation et les ruptures d'approvisionnement.
Un encadrement renforcé du marché locatif
L'exécutif a décidé d'imposer un gel temporaire des prix des baux d'habitation pour contrer la spéculation immobilière, particulièrement marquée à Dakar. Cette décision, qui sera formalisée par un arrêté ministériel imminent, s'accompagne d'une réforme technique du mode de calcul des surfaces corrigées. Malgré l'existence d'une Commission nationale de régulation des loyers depuis 2023, les autorités visent ici une application plus rigoureuse des textes pour enrayer une flambée des prix que les dispositifs précédents n'avaient pas réussi à contenir durablement.
Diversification des sources d'approvisionnement alimentaire
Pour pallier les pénuries saisonnières qui pèsent sur le coût des produits maraîchers, le ministère de l'Industrie et du Commerce a autorisé l'importation exceptionnelle de certaines denrées, notamment la carotte et le chou. Cette mesure vise à réduire la pression immédiate sur les prix de détail. Le gouvernement reconnaît toutefois que la volatilité des tarifs est étroitement liée à la saisonnalité, mais aussi à des facteurs externes, comme les difficultés d'approvisionnement en viande en provenance du Mali, impactées par la situation sécuritaire dans la sous-région.
Vers une surveillance pérenne des prix
Au-delà des mesures conjoncturelles, l'État sénégalais annonce la création d'un observatoire permanent de la vie chère. Cette structure a pour vocation de suivre en temps réel l'évolution des prix et d'assurer une meilleure régulation du marché. Cette initiative s'inscrit dans la continuité des directives données par le président Bassirou Diomaye Faye en septembre dernier, marquant une volonté politique de passer d'une gestion ponctuelle des crises à un pilotage plus structuré de la régulation économique nationale.