Le gouvernement sénégalais place la protection du pouvoir d'achat au cœur de son agenda économique, dans la foulée d'un accord technique de principe conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce programme, portant sur 1 243 milliards de FCFA sur trois ans, impose une rigueur budgétaire tout en exigeant une réponse immédiate aux tensions inflationnistes qui pèsent sur les ménages.
Régulation des prix et protection des consommateurs
Face à la volatilité des prix des denrées de première nécessité, telles que l'oignon, la viande et le poisson, le chef de l'État a ordonné une application stricte de la législation sur les prix. Cette directive vise à mettre fin aux disparités tarifaires constatées sur le marché. Parallèlement, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de contrôle des loyers, en s'appuyant sur les dispositifs réglementaires et coercitifs existants pour limiter les abus et stabiliser les coûts du logement pour les citoyens.
Stratégie pour le secteur des hydrocarbures
L'accord avec le FMI s'accompagne d'une volonté présidentielle de mieux piloter les ressources stratégiques du pays. Bassirou Diomaye Faye a exigé une amélioration du système de veille sur le secteur des hydrocarbures. Cette ambition se traduira par une session spéciale du COS-PETROGAZ et l'activation des instances de pilotage du Fonds intergénérationnel. L'objectif est d'examiner avec précision la stratégie d'investissement proposée par le FONSIS pour garantir une gestion optimale des revenus futurs.
Relance économique et assainissement des finances
Le Premier ministre a reçu pour mission d'accélérer le ciblage des subventions et de finaliser le paiement des bourses nationales de sécurité familiale d'ici fin septembre 2026. Sur le plan budgétaire, le ministre des Finances doit soumettre rapidement le projet de loi de finances rectificative 2026, tout en traitant l'audit des arriérés intérieurs. Le paiement de ces dettes sera priorisé en faveur des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE, PME et PMI) pour soutenir le tissu économique local. Enfin, le gouvernement prépare activement le projet de loi de finances initiale 2027, dont l'examen est prévu au plus tard pour la fin du mois de septembre 2026.
Investissement dans le capital humain
Au-delà des mesures macroéconomiques, le gouvernement réaffirme ses priorités sociales axées sur l'employabilité des jeunes. Les directives présidentielles insistent sur l'accélération de la formation duale et le renforcement des centres de formation professionnelle et technique ainsi que des ISEP. Ces efforts visent à mieux aligner le système éducatif sur les besoins du marché du travail, tout en assurant une préparation rigoureuse des prochaines rentrées scolaire et universitaire.