Le gouvernement sénégalais amorce une transition budgétaire majeure à travers le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. En visant une réduction progressive des subventions énergétiques, l'État cherche à alléger la pression sur les finances publiques tout en renforçant simultanément le filet de protection sociale via le doublement des bourses de sécurité familiale.
Une restructuration face à l'envolée des coûts
Le poids des subventions énergétiques est devenu une contrainte budgétaire critique pour le Sénégal, passant de 250 milliards à 790,3 milliards de FCFA. Cette augmentation, largement corrélée à la volatilité des cours mondiaux du pétrole, représente désormais 3,5 % du PIB. Le ministre Cheikh Diba a souligné la vulnérabilité du budget national face aux chocs exogènes : un baril à 85 dollars pourrait engendrer une facture de 774 milliards de FCFA, tandis qu'une hausse à 115 dollars, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, alourdirait considérablement les prévisions initiales.
Vers un ciblage des aides sociales
Pour pallier l'abandon progressif du dispositif généralisé, le gouvernement propose un mécanisme de soutien plus sélectif. L'objectif est de concentrer les aides sur les ménages les plus précaires, qui représentent environ 40 % de la population, ainsi que sur le transport collectif et les secteurs d'activité essentiels. Ce nouveau modèle prévoit l'instauration d'un tarif social pour les faibles consommations d'énergie, garantissant ainsi que la réforme ne pénalise pas les foyers les plus exposés à l'inflation.
Le doublement des bourses de sécurité familiale
En contrepartie de cette réforme structurelle, l'enveloppe allouée aux bourses de sécurité familiale sera portée de 35 à 70 milliards de FCFA. Ce renforcement financier constitue le pilier de la stratégie d'accompagnement social voulue par les autorités. Cette approche, qui s'inscrit dans une trajectoire de moyen terme, bénéficie de l'aval du Fonds monétaire international. L'institution financière préconise une suppression graduelle des subventions sur les carburants plutôt qu'un retrait brutal, afin de préserver la stabilité sociale tout en atteignant l'objectif gouvernemental de ramener les subventions énergétiques sous la barre de 1 % du PIB d'ici 2029.