Le Sénégal a conclu un accord de principe avec le Fonds monétaire international (FMI) portant sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Cette stratégie vise à assainir les finances publiques tout en réorientant les dépenses de l'État vers les populations les plus vulnérables.
Rationalisation des aides énergétiques
Le gouvernement sénégalais s'apprête à modifier en profondeur le système de subventions à l'énergie. Le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a annoncé une transition vers une tarification de l'électricité davantage ciblée, excluant progressivement les ménages les plus aisés du dispositif de soutien. Parallèlement, une réduction graduelle des aides publiques sur les carburants est programmée sur plusieurs années. Cette mesure répond à une pression budgétaire croissante, le coût de ces subventions ayant bondi de 1,1 % à 3 % du PIB sous l'effet de la volatilité des cours mondiaux du pétrole.
Renforcement du filet de sécurité sociale
L'accord prévoit une redistribution des marges budgétaires dégagées pour intensifier la protection sociale. L'objectif affiché est de doubler le nombre de familles bénéficiaires des transferts monétaires trimestriels. En complément, le gouvernement s'est engagé à sanctuariser les budgets alloués à la santé et à l'éducation. Une augmentation des moyens dédiés à l'assurance-maladie est également prévue, avec pour ambition de réduire le reste à charge pour les ménages modestes.
Apurement des dettes envers le secteur privé
Une part significative des ressources mobilisées sera consacrée au règlement des arriérés de l'État vis-à-vis de ses fournisseurs et partenaires privés. Cette injection de liquidités est perçue comme un levier pour restaurer la trésorerie des petites et moyennes entreprises locales et soutenir, par ricochet, le maintien de l'emploi. Cette décision intervient dans un contexte de forte progression de l'endettement public, qui a atteint 25 583 milliards de FCFA fin 2024, contre 11 219 milliards en 2019.
Perspectives fiscales et budgétaires
Bien que le programme n'introduise aucune nouvelle taxe immédiate pour les ménages ou les entreprises, les autorités préparent une stratégie de mobilisation des recettes intérieures à l'horizon 2027. Ce rééquilibrage budgétaire, qui place la préservation des catégories vulnérables au centre des priorités, constitue un test majeur pour la gestion des finances publiques sénégalaises face à une dette extérieure qui représente désormais 68,3 % de l'endettement total du pays.