Le Sénégal engage une réflexion stratégique pour sanctuariser son littoral face aux pressions climatiques et économiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 41 lectures
Le Sénégal engage une réflexion stratégique pour sanctuariser son littoral face aux pressions climatiques et économiques

Face à la dégradation croissante de ses côtes, le Sénégal initie une démarche scientifique et politique pour mieux protéger son littoral. L'Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS) et le Centre de suivi écologique (CSE) ont ouvert un atelier de cadrage à Dakar afin d'élaborer une feuille de route nationale, visant à concilier impératifs de préservation et développement économique.

L'urgence de l'érosion côtière à Mbour

La situation à Mbour illustre la vulnérabilité du pays face à l'érosion côtière. Ce phénomène menace directement les infrastructures publiques, les zones d'habitation et les secteurs vitaux de l'économie locale, notamment la pêche artisanale et le tourisme. L'organisation Enda-MadeSahel a d'ailleurs alerté les autorités sur les risques sociaux et économiques majeurs qui pèsent sur les milliers d'emplois dépendants de ces activités côtières.

Une approche pluridisciplinaire pour une gestion intégrée

Pour répondre à ces défis, les experts préconisent une synergie entre scientifiques, juristes et économistes. Le Dr Ousmane Kane, vice-président de l'ANSTS, insiste sur la nécessité d'une mobilisation coordonnée pour organiser les interventions. De son côté, Hamidou Datt, directeur général de la Recherche et de l'Innovation, souligne que la gestion du littoral doit intégrer des facteurs complexes tels que la montée du niveau de la mer, la spéculation foncière et la pollution, tout en évitant d'exclure les populations locales des solutions envisagées.

Le défi du cadre législatif et du financement

L'absence de loi spécifique dédiée au littoral sénégalais demeure un obstacle structurel majeur, malgré des discussions en cours depuis plusieurs années. Le professeur Ibrahima Ly, vice-président de l'ANSTS, appelle à une diversification des sources de financement pour la protection des côtes. Il suggère que l'effort ne doit pas reposer uniquement sur l'État, mais impliquer le secteur privé et les partenaires au développement, notamment dans un contexte national marqué par le début de l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, qui impose une vigilance accrue sur l'aménagement du territoire.

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