Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement sollicité l'examen prioritaire de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale. Cette démarche, portée par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise à accélérer l'intégration des mesures fiscales exigées par le Fonds monétaire international pour débloquer un financement majeur.
Une procédure constitutionnelle pour accélérer le calendrier
En s'appuyant sur l'article 84 de la Constitution, le chef de l'État a transmis une requête formelle le 2 octobre pour inscrire ce texte budgétaire en tête des priorités parlementaires. En réponse, le Premier ministre a convoqué la conférence des présidents afin de structurer le calendrier de la session unique 2026-2027. Ce passage en force procédural souligne l'urgence de l'exécutif à faire adopter ces ajustements budgétaires, déposés initialement au secrétariat général de l'Assemblée le 18 septembre dernier.
L'enjeu financier du programme avec le FMI
La LFR 2026 constitue une étape technique indispensable pour concrétiser l'accord conclu le 1er septembre entre Dakar et le FMI. Ce programme, d'une valeur de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de FCFA, est étalé sur 36 mois. L'adoption de la loi rectificative est une condition préalable imposée par l'institution financière internationale pour valider les mesures fiscales négociées. Le conseil d'administration du FMI doit encore donner son aval définitif pour rendre effectif ce soutien financier.
Tensions politiques et débats parlementaires en perspective
Malgré une majorité confortable de 130 députés sur 165 au sein du groupe Pastef, le processus législatif pourrait être complexe. Si le groupe parlementaire n'envisage pas de rejeter le projet de loi dans son ensemble, des réserves significatives ont été exprimées, laissant présager une bataille d'amendements article par article. Cette séquence met également en lumière des divergences au sommet de l'État, le Premier ministre Ousmane Sonko ayant publiquement manifesté son désaccord avec le président Faye sur la gestion du pays et ses inquiétudes concernant les répercussions sociales et économiques des conditions imposées par le programme du FMI.