Abdou Mbow, figure de l’opposition sénégalaise, tire la sonnette d’alarme : le pays serait en danger en raison d’une gouvernance jugée illégitime et d’un déséquilibre des pouvoirs institutionnels. Dans un contexte de tensions accrues, le parlementaire dénonce des procédures controversées autour de la réinstallation d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale, tandis que l’exécutif est accusé de saper les fondements de la démocratie sénégalaise.
Une déclaration de politique générale controversée et un boycott de l’opposition
Abdou Mbow reproche au président Bassirou Diomaye Faye d’avoir fixé la déclaration de politique générale d’Ousmane Sonko avant même la dissolution de l’Assemblée nationale, un acte qu’il qualifie de « procédure illégale ». L’opposition, unie dans son rejet, a annoncé le boycott de la séance dédiée à l’élection du président de l’hémicycle, illustrant l’ampleur des fractures politiques. Ces tensions surviennent alors que les institutions sénégalaises, traditionnellement dominées par un exécutif hypertrophié depuis 1963, sont au cœur d’un débat sur leur légitimité et leur équilibre.
Un exécutif et un législatif accusés de « querelles byzantines »
Le parlementaire étend sa critique aux deux branches du pouvoir, les accusant de privilégier les luttes internes au détriment de l’intérêt général. Selon lui, ces « querelles » menacent directement la stabilité du pays, d’autant que la récente crise constitutionnelle a révélé les limites du système. En juin, le président Faye avait saisi le Conseil constitutionnel contre une révision constitutionnelle votée par l’Assemblée, avant que la haute juridiction n’invalide, le 9 juillet, la loi n°18/2026 pour violation de l’article 82, alinéa 2. Une décision qui, selon Mbow, souligne l’arbitraire des méthodes employées par les tenants du pouvoir.
Un système politique à bout de souffle ?
Depuis des décennies, le Sénégal fonctionne avec un exécutif surpuissant, reléguant le Parlement et les contre-pouvoirs au second plan. Cette configuration, héritée de la Constitution de 1963, a souvent été source de conflits, mais les récents événements semblent aggraver la crise. Abdou Mbow dénonce un manque de considération envers les institutions et les citoyens, estimant que l’exécutif pourrait commettre des erreurs en maintenant des procédures jugées illégitimes. La question se pose désormais : jusqu’où ira cette dérive avant que les fondements de la démocratie sénégalaise ne soient irrémédiablement ébranlés ?