Avec 2 522 milliards de FCFA reçus en 2025, le Sénégal s'affirme comme le principal bénéficiaire des transferts de fonds de la diaspora au sein de l'espace UEMOA. Ce volume financier, qui représente 27 % du Produit intérieur brut (PIB) national, place le pays loin devant ses voisins régionaux et souligne l'importance cruciale de ces flux pour l'économie sénégalaise.
Une dynamique régionale marquée par le leadership sénégalais
Le rapport du Fonds international de développement agricole (FIDA) confirme la position dominante du Sénégal dans la zone UEMOA. Si le Nigeria reste le leader incontesté au sein de la CEDEAO avec 13 140 milliards de FCFA, le Sénégal devance nettement la Côte d'Ivoire (1 021 milliards) et le Mali (616 milliards). À l'échelle mondiale, ces transferts de fonds, qui ont presque doublé en une décennie, soutiennent plus d'un milliard de personnes, avec des envois réguliers effectués par environ 220 millions de migrants.
Le défi de la transition vers l'investissement productif
Actuellement, la majeure partie des fonds transférés au Sénégal, soit environ 75 %, est absorbée par la consommation courante des ménages. Face à ce constat, le gouvernement sénégalais, appuyé par des analyses stratégiques, cherche à réorienter ces flux vers des investissements productifs. L'objectif est ambitieux : atteindre, à l'horizon 2034, une mobilisation de 9 % du PIB, soit 3 311 milliards de FCFA, en combinant l'épargne financière et les investissements directs de la diaspora.
Capter l'épargne dormante dans les pays d'accueil
Une part significative de l'épargne des Sénégalais de l'étranger, estimée à 1 545 milliards de FCFA en 2024, demeure conservée dans les pays d'accueil pour des raisons de sécurité financière. L'État sénégalais identifie là un levier de croissance majeur. En mettant en place des mécanismes financiers sécurisés, flexibles et incitatifs, le pays espère rapatrier une partie de ces ressources. Selon les projections, une stratégie volontariste pourrait permettre de mobiliser jusqu'à 1 218 milliards de FCFA supplémentaires en transferts productifs d'ici 2034, transformant ainsi une épargne dormante en moteur de développement national.