Le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, a présenté au khalife général de la Fayda Tidjania, Cheikh Mouhamadou Mahi Niass, le projet Daara-Atelier lors d'une visite à Kaolack. Cette initiative vise à doter les jeunes talibés de compétences professionnelles directement employables, en s'appuyant sur des filières jugées en adéquation avec les potentialités économiques locales.
Une stratégie nationale de formation pour les talibés
Le programme Daara-Atelier s'inscrit dans une démarche gouvernementale de lutte contre la précarité des jeunes traditionnellement éduqués dans les daaras coraniques. L'objectif affiché est double : préserver l'enseignement religieux tout en offrant aux élèves une qualification professionnelle susceptible de faciliter leur insertion sur le marché du travail. Le projet prévoit un dispositif combinant formation technique et accès à un financement pour les meilleurs apprenants.
Quatre filières retenues à Kaolack
Pour la région de Kaolack, le choix s'est porté sur le froid et la climatisation, la menuiserie métallique, l'aviculture et la transformation agroalimentaire. Ces secteurs ont été sélectionnés pour leur potentiel de recrutement local et leur alignement avec les ressources du terroir. Le ministre a souligné que ces métiers répondent à des besoins concrets du marché de l'emploi régional, offrant ainsi aux jeunes talibés des perspectives d'activité dès la fin de leur formation.
Un déploiement amorcé à Tivaouane
Le programme n'en est pas à son premier déploiement. Une première phase avait été présentée à Tivaouane le 24 août 2026, à la veille du Maouloud, lors d'une rencontre avec le khalife général des Tidianes. À cette occasion, le dispositif avait été couplé à une enveloppe de financement de 700 millions de francs CFA. Les filières тогда retenues comprenaient la couture, l'électricité, l'agroalimentaire et la menuiserie métallique. Le passage par Kaolack marque une extension géographique du projet, avec des spécialisations adaptées au contexte économique de cette région du centre-ouest sénégalais.
Une collaboration avec les autorités religieuses
Le choix de présenter le programme directement au khalife général de la Fayda Tidjania témoigne de la volonté gouvernementale d'associer les instances religieuses à la mise en œuvre de cette politique de formation. Cette approche vise à garantir l'adhésion des familles et des communautés au projet, tout en respectant l'organisation traditionnelle des daaras. Le rôle des khalifes dans la mobilisation des apprenants et le suivi des formations demeure un élément clé du dispositif.