Le Sénégal a officiellement réagi aux sanctions américaines ciblant des magistrats de la Cour pénale internationale (CPI), dont un juge sénégalais, en qualifiant ces mesures d’une menace pour l’indépendance de la justice internationale. Dans un communiqué publié jeudi 20 août 2026, le ministère des Affaires étrangères de Dakar a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ces restrictions, qui pourraient fragiliser le fonctionnement de la CPI et ses enquêtes en cours.
Une condamnation unanime des sanctions américaines
Les autorités sénégalaises ont souligné que toute mesure entravant l’autonomie des magistrats et du personnel de la CPI « est de nature à fragiliser l’intégrité et le bon fonctionnement de la justice pénale internationale ». Cette réaction s’inscrit dans la continuité des prises de position antérieures du Sénégal, qui avait déjà condamné en août 2025 des sanctions similaires contre quatre magistrats, dont l’ancien juge Mame Mandiaye Niang.
Abdoulaye Seye, juge sénégalais visé par les sanctions
Parmi les personnalités sanctionnées par Washington figure Abdoulaye Seye, membre du bureau du Procureur de la CPI et candidat présenté par le Sénégal pour un poste de juge. Les mesures américaines, annoncées mardi 18 août 2026, incluent des restrictions d’entrée aux États-Unis et un gel des avoirs éventuels sous juridiction américaine. La présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, est également concernée par ces sanctions.
Washington justifie ses mesures par des enquêtes controversées
L’administration américaine a justifié ces sanctions en invoquant l’implication des magistrats dans des enquêtes, arrestations ou poursuites visant des ressortissants de pays non signataires du Statut de Rome, comme Israël. Ces procédures, notamment celles concernant le conflit israélo-palestinien, ont régulièrement provoqué des tensions entre Washington et la CPI, accusée par les États-Unis de dépasser son mandat.
Un enjeu de souveraineté et de multilatéralisme
Cette nouvelle escalade diplomatique interroge sur la capacité des institutions internationales à résister aux pressions politiques. Le Sénégal, en s’associant à d’autres partenaires comme le Japon ou l’Union européenne, rappelle que l’indépendance de la justice pénale internationale ne peut être subordonnée aux intérêts géopolitiques d’un État. Une position qui pourrait renforcer les appels à une riposte coordonnée des pays africains et européens.